Wine Not : un caviste, 20 ans de passion

11/10/2018 - Pascal Courel, sous une apparence posée et une certaine bonhommie est un homme de passion. Le vin, il l’a découvert lors de ses études d’ingénieur physico-chimiste à Lyon : Côtes Rôties et Condrieu ont éveillé son intérêt pour le vin, pas mal pour une mise en bouche ! 

Mais c’est sa passion qui l’a fait basculer du monde de la recherche en sciences dures à celui combien plus enivrant du jus de la treille. Caviste, il l’est aujourd’hui depuis 20 ans. Portrait d’une entreprise improbable : why WINE NOT ?

Lorsque quelque peu lassé du milieu de la recherche, Pascal décide de monter à bord d’un petit business de caviste existant à Bruxelles il y a un peu plus de 20 ans, il rejoint un gars branché sur les vins du sud. Les deux s’associent pour fonder une société en juillet 1998. Wine Not est alors installé dans les Marolles, dans un petit deux pièces d’une rue grimpant de la rue Blaes vers la rue Haute. C’est le début de l’aventure pour notre homme : « il s’agissait d’un virage à 90°, et sans filet encore bien. Mais mon instinct me disait de m’engager dans cette voie », raconte Pascal. « Au début, j’étais un peu perdu : déguster, évaluer les vins, vendre…un nouvel univers s’ouvrait devant moi. Et lorsque je me suis retrouvé seul dans l’affaire, c’est la passion pour le vin qui m’a porté. Elle me porte d’ailleurs toujours. » Pascal a rapidement trouvé une façon bien à lui d’aborder vignerons et clients, qu’ils soient restaurateurs ou particuliers : « je ne suis pas un commercial traditionnel qui vendrait du vin comme du savon ou une voiture. Je privilégie la qualité du contact plutôt que de poursuivre mes clients et je travaille principalement en importation directe. J’ai toujours fait en sorte que ce soit le vin qui parle. Je me considère comme un intermédiaire, un entremetteur, c’est le vin que j’ai choisi qui va convaincre mon client, pas moi. »

 

20 ans plus tard

Wine Not, non seulement est toujours là, mais il a sa clientèle bien établie. Des gens qui ont franchi le cap des 40 ans demandent encore parfois du Bordeaux, Pascal n’en a jamais vendu mais a des alternatives dans le sud pour les gens qui apprécient ces vins-là.
Mais celle-ci s’est enrichie au fil des années essentiellement de vins sudistes, poursuivant sur la lancée des origines de la société quand bien même son goût personnel le porte vers le pinot noir et vers les vins de fraîcheur. Chez les clients gens plus jeunes, la demande est fortement orientée vers les vins en bio, biodynamie ou même natures. Ce type de vin représente plus de la moitié de la gamme. C’est une véritable évolution en deux décennies. Tout comme la problématique des prix : « il y a 20 ans je vendais plus facilement des vins haut de gamme ; le prix moyen d’achat a baissé. La clientèle au départ surtout axée sur des amateurs passionnés s’est élargie à une clientèle moins prête à payer 20 euros ou plus pour une bouteille. Le prix moyen de vente tourne entre 8 et 15 euros ». Autre évolution, la multiplication des marchands ce vin a renforcé la concurrence : » mon business tourne mais il faut en permanence travailler, il faut rester au contact de ses clients sous peine d’être perdu de vue, heureusement j’ai beaucoup de clients professionnels et particuliers qui sont fidèles parmi mes acheteurs restaurateurs ou particuliers. Cette multiplication peut aussi causer une pagaille sur le marché quand trop de non-professionnels se font revendeurs ». Face à cette concurrence accrue, Pascal ne voit qu’une solution : » les cavistes ont encore de l’avenir s’ils arrivent à grignoter quelques pourcent sur la masse vendue en grande distribution ; il y a encore un travail d’éducation au vin de qualité à faire, ce magnifique produit né du travail de l’homme en association avec la terre, l’eau le soleil… ! »

Coups de cœur de la gamme

Par respect pour ses vignerons, Pascal a préféré ne pas mettre en avant l’un ou l’autre d’entre eux. Moi qui connais plutôt bien sa carte, je me glisse dès lors dans ce portrait pour vous faire part de mes favoris personnels :
Domaine Gardiès; Domaine le Roc des Anges; Domaine Bertrand -Bergé; Domaine Pech Redon; Domaine Marcel Deiss; Domaine Jacquesson… mais il y a bien d’autres producteur dans la cave de la rue du Collège à Ixelles, pour toutes les bourses et tous les goûts. Allez donc y faire un tour un prochain samedi après-midi, why not WINE NOT ?

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www.wine-not.be

Bernard Arnould

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