Verticale des Grandes Cuvées de L’Hortus

27/11/2017 - Au Pic Saint-Loup, le Domaine de L'Hortus doit son nom à la montagne calcaire qui surplombe la cave. Il s'agit d'un vignoble de clairières, où un équilibre se crée entre la vigne et les autres éléments du biotope. Sans oublier l’élément humain – toute la passion accumulée par les cinq membres de la famille Orliac, père, mère, fille et fils…

Le Domaine de L’Hortus a été créé en 1978 par Jean Orliac. Agronome de formation, mais également passionné d’escalade, Jean s’est pris de passion pour le site de la Combe de Fambétou ; son épouse Marie-Thérèse et lui se sont mis en tête de rendre à la viticulture les vieilles parcelles abandonnées, et d’en défricher d’autres. Depuis, ils ont été rejoints par leurs enfants : François s’occupe du vignoble, Yves du commercial, Marie de la gestion juridique et de la comptabilité, tandis que Martin prend en charge les vinifications.

Sous le signe de la diversité

L’Hortus, ce sont quelque 80 ha répartis en de nombreuses parcelles et sur plusieurs niveaux, et donc, plusieurs petits terroirs – les fonds marneux argileux sont plutôt adaptés aux cépages blancs ou au grenache, qui ne craint pas le sec ; les hauts, eux, sont plutôt adaptés au mourvèdre ou à la syrah, selon l’exposition. Mais pour commencer à comprendre, il faut sans doute déambuler entrer les pinèdes, sauter d’une vigne à l’autre, d’un vallon à l’autre ; sentir le vent (le Marin ou le Vent du Nord), relever la tête pour voir où se trouve la barre rocheuse, prendre de temps en temps un peu de terre dans la main ; herboriser un peu; parce qu’ici, c’est la diversité qui fait loi. Aux vignerons d’assembler tout ça, d’en faire leur miel… ou plutôt leur vin. Une exceptionnelle verticale sur 15 ans des Grandes Cuvées de L’Hortus, en blanc et en rouge, nous a permis de nous faire un avis, non seulement sur leur potentiel de garde, mais sur leur potentiel tout court…

Pour rappel, la philosophie qui préside à l’élaboration de cette cuvée, dans les deux couleurs, est très simple : tirer le meilleur du meilleur. Ou pour citer les Orliac : « Cette cuvée provient des plus beaux terroirs de la propriété. Il s’agit de parcelles qui ont la plus belle exposition climatique et dont les sols sont tout à la fois drainants et dont la profondeur permet la constitution d’une réserve en eau suffisamment importante pour que la plante ne souffre pas de la sécheresse estivale. Cela se traduit par l’obtention d’une maturité très homogène dont les baies offrent un excellent équilibre entre qualité des tanins, acidité et arômes. Cet équilibre permet un travail plus poussé sur le raisin (macération longue) et sur le vin (élevage long en fûts). »

Les Grandes Cuvées de blanc sont déclarées en IGP Val de Montferrand ; celles de rouges en AOP Pic Saint-Loup (anciennement AOC Languedoc/Côtes du Languedoc Pic Saint-Loup)

Les blancs

L’Hortus Grande Cuvée 2016

Floral (camomille, acacia) mais aussi citronné, et épicé – voilà qui déconcerte deux secondes avant de vous séduire. La bouche aux notes de fruits secs allie un certain confort et une bonne acidité équilibre 14/20 12,85 euros
Millésime précoce, volume moyen.
Cette cuvée assemble chardonnay, viognier, sauvignon gris et petit manseng. Elevage de 8 mois. En tonneaux sur lies pour le chardonnay.

L’Hortus Grande Cuvée 2014

Derrière son joli nez de poire et de tarte tatin se profilent quelques notes d’herbes de la garrigue ; la bouche est légèrement grillée, mais pas dominée par le bois ; belle longueur.

L’Hortus Grande Cuvée 2008

Quelques notes de cire et d’abricot au nez, et de torréfaction en bouche, le côté oxydatif est assumé et lui va bien. «Une année tardive», précise Jean Orliac.

L’Hortus Grande Cuvée 2002

De l’abricot, à nouveau, et des fruits secs ; très grillé en bouche, la faible acidité est compensée par une belle amertume et une pointe de sel en finale.

Les rouges

L’Hortus Grande Cuvée 2015

Nez expressif de prunelle, de violette et de cuir ; le boisé est en voie d’intégration, la texture soyeuse en témoigne déjà. 2/3 de Syrah, 1/3 de mourvèdre (et un poil de Grenache). 25 à 30 jours de cuvaison. 6 mois d’élevage en cuve, puis pré-assemblage et 12 mois en tonneaux de 225 et 400 litres (neufs, un et deux vins)

L’Hortus Grande Cuvée 2013

Beaucoup de notes florales dans le nez de ce vin plutôt marqué par la syrah : de la violette, de l’iris et même de l’eucalyptus ; en bouche, on part plutôt vers le chocolat noir et le café vert.

L’Hortus Grande Cuvée 2010

Jean Orliac nous précise que cette cuvée tannique a été très longue à s’ouvrir.
Et encore aujourd’hui, c’est un vin à la texture plutôt serrée.
Son nez est cependant engageant (cerise, groseille à maquereau) et sa bouche solide étonne par sa fraîcheur – fraîcheur de l’acidité, mais surtout fraîcheur des épices – menthol, notamment.

L’Hortus Grande Cuvée 2009

Un peu chaud, mais de beaux tannins, des notes animales, quelques notes d’évolution – à boire.

L’Hortus Grande Cuvée 2007

Un de plus beaux vins de la dégustation : un nez séduisant (bergamote), une bouche à fois fraîche et complexe, profonde ; les épices se fondent dans une matière juteuse et saucée ; la finale évoque l’orange sanguine.

L’Hortus Grande Cuvée 2005

Le nez est d’abord fermé, il s’ouvre sur des notes de cassis à l’aération ; la bouche est ferme, tannique, avec des notes de café vert ; il sèche un peu en finale, mais il serait intéressant de le voir sur une viande bien juteuse.

L’Hortus Grande Cuvée 2001 

Avec ce vin, on entre dans l’ère tertiaire – avec des notes animales – peut-être pas celles du mastodonte ou du rhinocéros laineux, mais celles du gibier à poil. La bouche bien dense, mais relativement souple, nous gratifie de jolies notes torréfiées – trop de bois? Juste ce qu’il faut? C’est selon votre goût. Pour moi, à plus de 15 ans, ce vin tient encore très bien la route.

Grand cru, grande garde

En résumé : cette cuvée de L’Hortus gagne à être attendue, à l’image d’un Grand Cru dont elle a la stature, à défaut du nom, puisque le Languedoc n’en possède pas. Toujours est-il que ces vins sont construits pour la garde (y compris les blancs, au moins pour cette Grande Cuvée); au-delà de l’effet millésimes, on note aussi une progression dans la maîtrise du bois qui n’est pas pour nous déplaire. Et puis, surtout, les vins nous semblent avoir de plus en plus la «gueule de l’endroit» ; ils sont sauvages et plein de senteurs méditerranéennes, avec en outre «un petit je ne sais quoi» de frais.

Je ne suis pas le plus grand fan de la syrah hors de son fief du Nord du Rhône. Mais je crois que pour Pic-Saint-Loup, et pour l’Hortus en particulier, je ferai une exception… 

www.domaine-hortus.fr
www.cavedesoblats.comhttps://tgvins.be  – www.wijnimportmaesbraem.bewww.portovino.be   –  www.reichmuth-weine.chwww.muensterkellerei.chwww.lemillesime.chwww.sauterwijnen.nl 

Le Domaine de L’Hortus fait parie du club Vignobles & Signatures.

Hervé Lalau

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