Un temple du whisky : The Vintage House

18/04/2019 - De passage à Londres, je me suis rendu au Vintage House, sur Old Crompton Street (Soho); sans doute parmi ce qui se fait de mieux, hors d’Écosse, pour la découverte de l’uisge beatha.

Dans un joyeux fouillis où seuls le personnel (aimable) ou l’habitué se retrouvent, pas moins de 1.100 scotch whiskies sont proposés à la vente, répartis entre Campbeltown, Highlands & Islands, Islay, Lowland et Speyside; avec, en plus, la possibilité, pour certaines cuvées, d’acheter cask strength (ni filtré ni rectifié, le titre alcoolique variant entre 47 et 60°).

Pour toutes les bourses

Si vous cherchez du J&B, du Ballantine ou du Johnnie Walker, passez votre chemin !
Mais si vous vous demandez quel peut bien être le style de Benrinnes, de Glentauchers ou de Bladnoch, vous êtes à la bonne adresse.

Vous pourrez peut-être même vous laisser surprendre par quelques cuvées confidentielles de marques plus connues (la Distillers’ Edition de Cragganmore, la cuvée Taghta de Glemorangie ou les Experimental Series de Glenfiddich…).

Outre cette abondance de provenances et de marques, un des grands avantages de The Vintage House est de proposer des très vieux scotchs, et même des millésimés.

Il s’agit là de cuvées d’exception, et le prix s’en ressent (le Caol Ila 1983 cask strength est à 459 livres, l’Arbeg Old Particular 1991 à 439, et le Convalmore 1977 à 999).
Les plus petits budgets se rabattront sur les mignonnettes, dont la maison propose un très large éventail.

Oban Single Malt 14 years old

Quant à moi, j’ai trouvé mon bonheur avec un Oban Single Malt de 14 ans d’âge.
J’ai un attachement tout personnel pour cette marque, ayant été bloqué sur place au début des années 80 par une tempête de neige (souvenirs, souvenirs). La distillerie se situe au milieu de la petite baie d’Oban, à l’embouchure du Loch Linnhe, qui conduit vers Fort William, puis, via le Loch Ness, vers Inverness et la côte nord de l’Ecosse.
La distillerie ne compte que deux alambics, ou pot stills, ce qui en fait une des plus petites d’Ecosse. Et ce, bien qu’elle appartienne au groupe Diageo.
C’est que le site ne permet pas à l’usine de s’étendre – son établissement, à la fin du 18ème siècle, a précédé la fondation de la ville qui l’encercle aujourd’hui.)
A noter que le 14 ans d’âge d’Oban fait d’ailleurs partie des onze «Classic Malts of Scotland» du groupe, au même titre que Lagavulin, Knockando ou Talisker, pour parler de marques un peu plus diffusées.

A la césure de deux mondes

Malgré sa faible production, Oban présente plus qu’un intérêt anecdotique, car elle est à la césure de deux mondes du whisky. Géographiquement et stylistiquement.
En effet, elle est située au confluent entre les Highlands et les Islands (Mull se trouve en face de la ville, Jura et Islay juste un peu plus au Sud), et sans surprise, ce voisinage se retrouve dans le produit, à la fois sec et suave, fruité et fumé. Côté fruit: l’orange amère, la poire et la figue; côté fumé, du malt et du tabac ( mais on est loin du fumé âcre des whiskies très tourbés des îles. Se dégage une impression difficile à décrire, faite d’harmonie et de contrastes, avec, surnageant sur le tout, quelques épices et une note animale.
Un très joli Scotch, que je vous conseille de déguster allongé (le whisky, pas vous) d’au moins deux volumes d’eau fraîche mais pas froide.

www.vintagehouse.london/about
www.obanwhisky.com

Hervé Lalau

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