Slow Food lance la Semaine “Food for Change”

19/10/2018 - A l'occasion de la Semaine mondiale de l'alimentation, qui se déroulera du 16 au 22 octobre, Slow Food promeut une semaine d'engagement durant laquelle son réseau de militants à travers le monde prendra des mesures concrètes pour réduire les émissions de CO2.

Le réchauffement climatique est désormais une réalité. La production et la distribution alimentaire sont à l’origine d’un cinquième de cette « fièvre » mondiale (Ar5 IPCC 2014 ; FAO 2015). Sachant cela, Slow Food veut encourager les personnes vivant dans les pays à indice de développement élevé -mais pas uniquement- à changer leurs habitudes alimentaires.

Les gens se sentent souvent impuissants face à la gravité et à l’ampleur mondiale de la tragédie du changement climatique. Cependant, c’est précisément par l’alimentation que chacun d’entre nous peut contribuer à ralentir ce phénomène. Pour le démontrer, Slow Food lance la Semaine du changement -dans le cadre de sa campagne Food for Change qui a débuté le 24 septembre à la fin du Terra Madre Salone del Gusto et qui se poursuivra jusqu’à la fin de l’année.

Au cours de la Semaine du Changement, pendant sept jours, les participants peuvent s’engager sur trois actions concrètes : cuisiner en utilisant uniquement des ingrédients locaux, ne pas manger de viande, ou réduire leur gaspillage alimentaire à zéro. En participant, vous pouvez choisir de suivre un « engagement », ou les trois.

Ce qui est nouveau, c’est que nous pouvons donner aux gens le sentiment que leur engagement est utile, en mesurant concrètement le résultat de leurs actions. En se basant sur le nombre de personnes qui participeront à ce défi, Slow Food -en collaboration avec Indaco2 (Indicateurs environnementaux et CO2, une spin-off de l’Université de Sienne, Italie)- sera capable d’estimer la quantité d’Equivalent CO2 économisée grâce à l’engagement collectif lors de la Semaine du changement.

A quelques jours du lancement, des milliers de personnes ont déjà rejoint l’initiative. Cela signifie qu’en supposant un nombre de 5000 engagements à la fin de la semaine, nous sommes en mesure de dire que l’économie de CO2 aura été égale à 63 tCO2eq environs, ce qui correspond aux émissions évitées d’une voiture qui parcourt 175 000 km (quatre tours de la circonférence de la terre).

Les raisons des trois engagements

Cuisiner en utilisant uniquement des ingrédients locaux. Un système local de production alimentaire a l’avantage d’intégrer une alimentation saine et nutritive à la responsabilité sociale, de donner la priorité aux systèmes écologiques, d’éliminer ou de réduire l’utilisation de produits chimiques et de préserver les techniques et connaissances traditionnelles. Les aliments locaux sont plus frais, protègent les variétés et les espèces locales (sans parler des méthodes de production traditionnelles), parcourent moins de kilomètres et nécessitent moins d’emballages. Ils permettent également aux producteurs et aux consommateurs d’avoir plus d’information et de contrôle sur leurs systèmes de production et de distribution.

Ne pas manger de viande. La consommation de viande a quadruplé au cours des 50 dernières années. En moyenne, chaque citoyen de l’UE consomme 80,6 kg de viande par an. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), une consommation annuelle de 25 kg serait nutritivement suffisante, bien que réduire de moitié notre consommation serait déjà une victoire pour notre santé et celle de la planète (« World Livestock 2011 : Livestock in Food Security », FAO, 2011). Plus de 95 % de la viande que nous consommons provient de fermes industrielles qui sont collectivement responsables de 14,5 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre (« Lutter contre le changement climatique par l’élevage », FAO, 2013). La production d’un seul kilogramme de bœuf émet 36,4 kg de CO2, soit l’équivalent de l’émission d’une voiture sur un trajet de 250 km ; sans compter les 15 000 litres d’eau nécessaires pour produire ce kilo.

Réduire le gaspillage alimentaire à zéro. Chaque année, environ 90 millions de tonnes de denrées alimentaires (179 kg par habitant) sont gaspillées dans l’Union européenne. Les ménages sont responsables de 42 % de ces déchets, le secteur manufacturier de 39 %. Les déchets alimentaires représentent un gaspillage des ressources utilisées pour la production mais aussi pour l’emballage, le transport et le stockage, c’est-à-dire des terres, de l’eau, de l’énergie et des intrants. Produire des aliments qui ne seront jamais consommés entraîne des émissions inutiles de CO2, en plus de la perte de valeur économique.

Pour plus d’informations :
https://www.slowfood.com/sloweurope/wp-content/uploads/ENG-PAPER-climatechange.pdf
https://www.slowfood.com/what-we-do/themes/fight-climate-change/
https://www.slowfood.com/what-we-do/themes/slow-meat/what-we-do-2/working-with-producers/carbon-footprint/

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