Seyssuel , le pari était perdu d’avance …..

26/08/2015 - Retour vers le futur: In Vino Veritas vous en parlait déjà en... 1997.

Le pari était perdu d’avance pour les plus sceptiques,
mais 20 ans après, ils l’ont réussi.

En 1995, trois viticulteurs relançaient la production de vin sur la rive gauche du Rhône à Vienne, Seyssuel et Chasse-sur-Rhône (Isère), perpétuant une tradition millénaire. En 2016, ils devraient obtenir l’Appellation d’origine contrôlée, côtes-du-rhône.

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Le cadre est somptueux comme l’est le vin présenté aux plus grands spécialistes de la capitale. Obtenir une appellation d’origine contrôlée, c’est participer à un certain jeu de séduction et les 13 vignerons l’ont bien compris. Mardi, ils étaient tous réunis dans l’un des restaurants de Guy Savoy à Paris pour présenter leurs meilleures bouteilles aux sommeliers des plus belles tables françaises.

L’aboutissement d’un travail débuté en 1995, quand trois d’entre eux, Pierre Gaillard, Yves Cuilleron et François Villard décidaient de replanter une vigne sur les hauteurs de Seyssuel, à quelques kilomètres de Vienne (Isère). «On s’est accaparés un bout d’histoire», disent-ils très joliment. C’est grâce aux écrits d’auteurs latins comme Plutarque et Pline, mais aussi d’agronomes et d’ampélographie comme Olivier de Serres ou André Jullien, que ces vignerons ont découvert la présence de vignes, sur cette rive, de l’Antiquité jusqu’au XIXe siècle et l’arrivée d’une maladie. Après une étude du terrain, un restaurant, une solide amitié, des convictions fortes et un pacte, comme le raconte la légende, Pierre, Yves et François décidèrent donc de tenter le pari.

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Ils ont depuis été rejoints par d’autres viticulteurs et sont aujourd’hui 13 domaines à cultiver du vin sur la rive gauche du Rhône. Une quatorzième vigneronne vient également de planter ses premiers pieds de vigne et devrait être suivie par d’autres professionnels déjà présents sur la rive droite: «Nous pouvons tripler la surface d’exploitation », estime Stéphane Ogier, le président de l’association Vitis Vienna, qui regroupe ces viticulteurs. Pour autant, selon lui, ce n’est pas le nombre qui compte: «Ce qui fait notre force, c’est la diversité de nos domaines».

«Ce n’est pas pour rien qu’il y avait déjà du vin il y a 2000 ans»

Ainsi, la maison deux fois centenaire de Chapoutier côtoie celles, plus modestes, de jeunes talents comme Damien Robelet, Jérôme Ogier, Christophe Billon. «On répond tous à des marchés différents et il n’y a pas de concurrence entre nous», estime Yves Cuilleron. La richesse de ce terroir les unit : «Il suffit de se rendre dans les vignes pour comprendre», expliquent des viticulteurs. La qualité du sol, sa physionomie et son exposition sont en effet dignes des plus belles terrasses du Midi de la France. On dit même que les vins de la rive gauche sont solaires et qu’ils rappellent la garrigue: «La qualité du terroir est unique car il y a dans le sol un schiste particulier», estime Sylvain Nicolas, sommelier des restaurants de Guy Savoy. «Il n’y a pas de mystère, ce n’est pas pour rien qu’il y avait déjà du vin il y a 2000 ans».
Fières de cette renommée, les bouteilles des collines rhodaniennes ont dépassé les frontières de l’Isère et sont aujourd’hui présentes dans les plus grands restaurants. «Ces vins sont vraiment complémentaires de l’offre existante», selon Lionel Schneider, ancien sommelier de La Pyramide à Vienne et aujourd’hui en charge de la cave du Park Hyatt de Paris. Parmi les 450 références qu’il a réunies, les bouteilles iséroises sont comparables, selon lui, à des grandes appellations de la vallée du Rhône : «Elles méritent d’obtenir l’AOC», estime le spécialiste.
Pour les viticulteurs, si cette distinction est importante pour continuer l’aventure, elle ne changera pas la qualité du vin : «Ce sera la récompense de notre travail, mais également une réparation de l’histoire de ce vignoble qui a trop longtemps été oublié », estime Yves Cuilleron.

Paru le samedi 13 juin dans les 26 éditions du Dauphiné Libéré

Yves Cuilleron, Pierre Gaillard and François Villard Pierre-Jean Villa

Yves Cuilleron, Pierre Gaillard, François Villard et Pierre-Jean Villa

www.vienne-tourisme.com/vignoble-seyssuel.html

Retour vers le futur: In Vino Veritas Août/Septembre 1997

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Un commentaire

  • Pierre G. says:

    Super cet article…et la photo de 1995 a bien fait sourire les vendangeurs au Domaine Pierre Gaillard ! le petit vigneron c’est Pierre-Antoine qui suivait déjà Pierre et qui présentait nos Asiaticus lors de l’évènement à Paris. Bref le temps file mais il y a une constante chez les Gaillard !

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