Saint-Joseph, une appellation en mouvement

05/10/2018 - Que de chemin parcouru depuis l’extension et la redéfinition de l’appellation en 1994!

Quand Saint-Joseph s’enflamme

Depuis une bonne poignée d’années, la demande pour les crus du nord augmente d’une façon exponentielle. Du coup, Saint-Joseph frémit certes de joie, mais aussi d’inquiétude comme le fait remarquer Joël Durand, le président de l’appellation : «Il faut répondre à l’offre, bien entendu, mais avant tout, Saint-Joseph a besoin d’une meilleure reconnaissance. Nous sommes encore souvent considérés comme le ‘parent pauvre’ de crus comme Côte-Rôtie ou Cornas, un peu comme notre voisin d’en face, Crozes-Hermitage. Il nous faut faire comprendre au consommateur le prix de revient de notre viticulture de fortes pentes, qui reste une viticulture confidentielle, même si notre appellation s’étend sur une soixantaine de kilomètres. Les surfaces sont petites et les vignerons qui y travaillent sont engagés, c’est un virus avec des jeunes qui arrivent séduits par le terroir granitique qui offre cette expression particulière à nos vins. Mais c’est compliqué, surtout avec un prix moyen de la bouteille entre 16 et 20 €. ».

Des jeunes ou nouveaux venus, parlons-en

J’en ai rencontré quatre et tous les quatre au nord de Tournon, cela s’explique peut-être par la densité plus importante de parcelles au nord qu’au sud de Tournon Mauves, l’épicentre historique de l’appellation.

Romain D’Aniello à Félines

Félines, au lieu-dit La Remise, c’est au-dessus de Limony, sur le plateau. Le petit domaine s’appelle Domaine des Pierrots tout simplement parce que grand-mère et grand-père s’appelaient Pierrette et Pierre. C’est ce dernier qui cultivait la vigne et apportait son raisin à la coopérative de Saint-Désirat.
Ses parents n’avaient pas suivi les traces de l’aïeul, le ‘virus’ a sauté une génération. Mais tout s’est précipité. Romain aurait aimé poursuivre ses études viticoles, partir à l’étranger, apprendre des langues, mais l’âge de ses grands-parents en a décidé autrement. Ses stages, il les a faits en travaillant pendant 2 ans chez Yves Cuilleron. Aujourd’hui, il conduit 8,5 ha dont 6 ha en St Jo, le reste en IGP. – Parenthèse : IGP importantes !
Elles permettent de proposer un peu plus de bouteilles, un peu moins chers aussi, et de mieux boucler les fins de mois pour les petites exploitations qui vendent souvent leur AOC au prix moyen inférieur, n’ayant pas la notoriété pour espérer plus. On revient sur la remarque justifiée de Joël Durant à propos de la rétribution du travail -. Quatre hectares se trouvent en bord de plateau à 380 m d’altitude, les parcelles y sont reconnaissables aux pneus qui en début de chaque rang tendent les fils, à l’époque du grand-père, on ne jetait rien, tout servait plus d’une fois. Le reste épouse la raideur des pentes. Romain produit pour l’instant un St Jo blanc et un rouge, mais une sélection de trois barriques proposera une nouvelle cuvée de rouge pour le millésime 2017. Saint-Joseph blanc 2016 Domaine des Pierrots vert blanc lumineux, un nez de rose blanche et fenugrec, du poivre. La bouche propose rapidement ses arômes d’abricot et de pêche jaune, d’acacia et de poire mûre teinté de vétiver. Le fond minéral et la salinité apportent leur quota de fraîcheur. 100% Marsanne fermenté en barriques usagées, élevage de 9 mois sur lies.
Saint-Joseph rouge 2016 Domaine des Pierrots violet noir, léger fumé, griotte et prunelle soulignées de réglisse. Bouche très fraîche aux tanins un peu marqués mais bien enrobés par la chair de raisin. Aujourd’hui, plus en potentiel qu’en plaisir immédiat. Macération de 21 jours avec préfermentaire à froid, puis FA en cuve et FML en barriques, élevage de 1 an en barriques dont ¼ de fûts neufs. « Le vin qui me plaît est celui qui passe en barriques ».
Domaine des Pierrots

Jean-François Jacouton à Vion

« C’est mon grand-père André qui m’a transmis la fibre viticole, pas mon père qui n’a pas repris l’activité. Mon grand-père livrait la Cave de Tain, je l’aidais petit et un peu après aussi. » conte Jean-François. Alors, en 1997, il passe son BTS viti-œno et va travailler chez les Courbis, puis chez Rostaing en Côte Rôtie, quitte la région pour la Savoie ou il seconde Pierre Boniface pendant 4 ans, revient pour un premier essai d’installation, mais arrête au bout de 4 ans pour non comptabilité de projet et devient salarié chez les Durant, un retour à Châteaubourg.

Là, il commence, en 2010, à vinifier les vignes du grand-père, puis enfin s’installe en 2017 à Vion dans la maison familiale et y vinifie ses cuvées. Le domaine est assez réduit, à peine 2 ha en Saint Jo, des vignes en terrasses bien pentues avec vue imprenable sur le village de Vion et le Rhône. Ce sont encore aujourd’hui, ses parcelles en IGP, 3 ha, qui lui sauvent la mise « pour moi, les IGP sont là pour faire des cuvées sur le fruit, alors que les Saint-Joseph seront des vins plus structurés comme demande le cru. Avec elles et un peu de négoce, je commence à m’en sortir » explique JF.
Son Saint Joseph blanc 2017 Domaine Jean-François Jacouton, à la robe blanc doré se parfume d’anis avec des nuances de camomille. La bouche fraîche avoue tout de go une belle structure. Architecture cristalline aux notes salines qui mettent bien en évidence les saveurs de fruits blanc. C’est moitié Roussanne moitié Marsanne, malo faite et vinifié en barriques.
Saint Joseph rouge 2016 Domaine Jean-François Jacouton violet pourpre, léger fumé grillé, aux volutes d’iris et de violette, en bouche le poivre noir teint la chair de muscat, la fraise et la griotte. Les tanins fins laissent le jus envahir l’espace palatin avec gourmandise. Égrappé à 20%, macération 3 semaines, élevage de 12 mois en barriques dont 20% de neuves. « Ici, à Vion et à Saint-Jean-de-Muzols ont fait des St Jo sur l’élégance » conclut JF.
Jean-François Jacouton
www.lavielevin.nl

Jean François Malsert à Sécheras

Un parcours particulier pour un vigneron aujourd’hui haut perché. C’est Jean François qui a créé le bistro-resto à vins Carafes en Folie à Tournon. Avant ça, il avait fait une licence pro commerce et technique à Montpellier, puis était parti en vadrouille en Australie et Nouvelle-Zélande. Son bar à vins, il l’a revendu pour s’installer sur les hauteurs de Sécheras et se consacrer entièrement à la vigne. Vendre du vin, c’est bien, en faire, c’est mieux, avec cette envie de prolonger l’esprit des Carafes, le vin sera bio et nature, dans la mesure du possible.


Des vignes à trouver, compliqué ! Mais, il y a celles de famille, héritées du grand-père, et laissées pour la plupart en friche. Jean François retrousse ses manches, défriche, arrache et replante, parfois à des endroits où il faut bien s’accrocher. Aujourd’hui, le domaine compte un peu plus de 4 ha dont 2 ha en production en partie en Saint Jo, une autre en IGP qu’il déclare en Vin de France. Il achète également 1 ha de vignes à Ozon, un peu plus qu’autour de sa ferme perchée à 350 mètres d’altitude « je suis content d’être en altitude, cela fait des Saint Jo à 13,5°, des vins non opulent, légers et aérien comme j’aime en boire » déclare Jean François.
Son St Jo blanc 2017 Domaine de l’Iserand qui respire le miel d’acacia, parfumé d’un rien de menthe et de camomille, la bouche dynamique, minérale, avec quelques notes de fruits blancs, frais à la finale épicée, plaît d’emblée. La malo est faite et le vin se vinifie en amphore « je trouve les St Jo blancs un peu mou, du coup, je ne pas les mets pas dans le bois pour préférer l’amphore qui donne de la tension, très peu de sulfitage et pas de collage, ni de filtration à la mise. »
Quant au Saint Jo rouge Les Sabots de Coppi 2016 Domaine de l’Iserand, Coppi, c’était la mule de son grand-père, il offre un nez de prunelle sauvage, de griotte et fraise des bois souligné d’un rien de grillé. La bouche, fraîche, gourmande, juteuse avec une structure veloutée avec une légère salinité et le léger râpeux de la rafle qui fait saliver « je veux faire des vins joyeux qu’on boit facilement, plutôt des infusions de vendange entière au ¾ qui apporte une petite austérité, de la profondeur. Le vin est élevé 16 mois en ½ muid, la Syrah se comporte bien dans ce contenant qui la patine un peu sans la marquer » explique JF.
Une belle rencontre.
Domaine de l’Iserand
https://vin-naturel.be

Julien Cecillon à Saint-Jean-de-Muzols

Julien et son épouse Nancy viennent de loin ou reviennent, du moins Julien qui est un enfant du pays, c’est le neveu de Jean-Louis Grippat. Après des études commerciales et un début de carrière dans la banque, un déclic se fait en 2007. Le stress quotidien ne lui convient plus et comme il toujours été passionné par le vin, il part à Montréal pour y en vendre. Mais pourquoi pas en faire ?

Il passe un brevet d’exploitation agricole et parcourt le monde viticole, travaille chez Yves Cuilleron, Christophe Curtat, Fabrice Gripa, JC Cellars, Clos du Val, Saintsbury, Indevin et Saronsberg, recontre Nancy, une sommelière et journaliste d’origine texane, à San Francisco et décide de rentrer, en 2011, avec elle à Tournon pour y faire du vin. Il récupère quelques vignes de famille, 2 ha en Saint Jo blanc et rouge, en loue d’autres et monte un petit négoce, histoire d’avoir un peu plus de volume. Et, j’oubliais, achète un vieux garage à Saint-Jean-de-Muzols pour le transformer en cave. Cave où j’ai dégusté son Saint-Joseph blanc Victoria 2017 Julien Cecillon dont la délicate note anisée colore l’abricot et la camomille. Onctueux en bouche, il charme rapidement par ses arômes de plantes et de fruits blancs et jaunes ombrés de poivre et soulignés de réglisse. 2017 est le premier millésime fait avec 4 pièces, jusqu’ici, une seule barrique depuis 2012 était produite empli des Marsanne et Roussanne louée par Victoria, vieille dame sympathique. Mais 2 parcelles se sont ajoutées, Marsanne de 40 ans et des plus jeunes de 6 ans. Élevage 10 mois.

La cuvée Babylone 2016 est un Saint-Joseph rouge à la robe grenat violet qui sent la rose ancienne et le thé vert. Frais et fraise en bouche, les tanins fins, une note de fumé qui se tresse de réglisse. Un vin élégant souligné qui se dessine comme un trait de graphite qui apporte du relief au charnu des fruits. Élevage de 18 mois en barriques dont 10% de neuves. Et grâce à sa partie négoce Julien propose outre ses St Jo quelques autres crus et IGP.
Julien Cecillon  – www.juliencecillon.com
a_verbeken@hotmail.com

Que pense un vigneron encore bien jeune,
mais pourtant déjà bien expérimenté?

Voici le regard de Jérôme Coursodon du domaine éponyme sur l’évolution de l’appellation.
« Saint Jo est l’un des Côtes du Rhône qui a fait énormément d’efforts depuis les années 80, avec bien entendu des qualités et des défauts. Déjà l’extension de l’appellation en 1969 avait fait naître un élan positif. Mais c’est vraiment à partir de 1980 que les choses ont bien évolué, en n’oubliant pas qu’à l’époque ce sont les fruits, abricot et pêche, qui nous en ont donné les moyens. Défricher et replanter coûtent chers. Si l’on regarde l’évolution de nos vins au domaine, elle retrace le changement qui s’est opéré au niveau du cru. Au départ mon grand-père faisait du vin et de l’abricot, mon père s’est chargé de l’extension du domaine et avec mon arrivée, c’est le style des vins qui a changé.


L’accroissement de la qualité générale de nos vins, je parle au niveau de l’appellation, nous a permis de nous rapprocher des crus comme Cornas et Côte Rôtie, nous avons aujourd’hui un regain de notoriété et une augmentation de la demande. Le prochain challenge est de faire correspondre notoriété et prix de vente. Quand on sait que le prix d’un St Jo peut descendre à 10 ou 12€, c’est pas assez cher pour le travail fourni
. » La dégustation de quelques barriques à la suite de cette entrevue m’a permis de constater que le millésime 2017, contrairement à ce qu’on pourrait croire, est frais, fruité et gourmand, malgré la chaleur et la sécheresse qui ont suivi les aléas climatiques du printemps de l’an dernier.

Dégustons quelques Saint-Joseph rouges

Grâce à leur défi, pari audacieux de la redéfinition de l’appellation, les Saint Joseph ont ajouté l’élégance à la gourmandise. En voici quelques beaux exemples.

Septentrio 2016 – Saint-Joseph – Cave de Saint-Désirat

La robe grenat cramoisi hume la confiture de griotte aux accents épicés et légèrement fumés. La bouche sympa distille sa fraîcheur fruitée, mélange de marmelade de baies noires et rouges, poudrées de poivre noir et soulignées de réglisse anisée. La longueur garde à l’esprit la fraîcheur, mais aussi du torréfié qui signe l’élevage sous-bois.
Macération de 24 jours, élevage en cuve béton et inox, puis en barriques. 

Les Mariniers du Fleuve 2017 – Saint-Joseph – Cave de Saint-Désirat

Violet pourpre, il aguiche le nez avec son parfum délicat de rose ancienne aux nuances de patchouli et ses fragrances de burlat et de mûre. La bouche croquante, aux tanins bien juteux, confirme la facilité d’accès de ce Saint-Joseph d’apéro. Un réel plaisir gourmand.
http://cave-saint-desirat.com
www.corawine.be/fr/www.daniel-vins.ch

Pleine Lune 2016 – Saint-Joseph – La Ferme des Sept Lunes

Rubis améthyste, il hume la chair de raisin noir bien poivrée nuancée de cardamome et de tanaisie, viennent encore des senteurs de tabac frais et de réglisse. La bouche préfère le fruit et nous offre une corbeille pleine de burlat, de prune sombre et de groseille dont les jus acidulés rafraîchissent les papilles, fraîcheur avivée par un rien de carbonique. Un Saint-Joseph de soif joyeuse !
Les vignes sont conduites en biodynamie. Élevage en demi-muids et barriques usagées pendant 12 mois.
Ferme des Sept Lunes
https://vin-naturel.behttp://atasteaffair.comwww.bacchus-knokke.bewww.karakterwijnimport.nl

Méribets 2016 Saint-Joseph – Domaine Vallet

Rubis violet, le nez respire la fraise noire à l’anis, la pâte d’amande à la violette, la gelée de cassis au poivre. La bouche démarre sur la fraîcheur qu’elle habille de chair de fruits, framboise, prunelle, mûre, qui s’ajoutent à ceux sentis. Le tout moulé dans un port très élégant. Les tanins fins n’offrent aucune entrave à la fluidité qui nous engage à le redéguster.
Macération 20 jours, élevage de 10 mois en barriques.

Muletiers 2016 – Saint-Joseph – Domaine Vallet

Dans un style différent, Muletiers se voit plus épicé, avec une structure plus terrienne, mais tout autant d’épices avec en tête la réglisse. Des tanins un peu plus marqués, mais une fraîcheur tout aussi agréable.
Les vignes ont 40 ans, la vendange macère 25 jours, élevage en pour 90% en barriques neuves. www.domainevallet.com
http://toutestvin.comhttps://tgvins.bewww.lemoulinavins.bewww.elixirs.ch

L’Olivaie 2016 – Saint-Joseph – Domaine Coursodon

Grenat pourpre, des senteurs de silex frottés, de terre humide, de fumé, dissimulent un moment les gelées de fruits noirs, mélange de fraise, de prune, de cerise, de cassis, mais aussi d’olive et de figue. La bouche ample, onctueuse, apparaît somptueuse, aux tanins imposants, mais mûrs et racés qui laissent passer le jus concentré des fruits sentis. Des épices, poivre, cumin, soulignent le développement fruité qui déroule ses fragrances sur une assise minérale. Une amertume racée renforce à la fois son caractère et sa fraîcheur.
Vendange égrappée. Macération et fermentation en cuve ouverte pendant 18 jours avec 2 pigeages journaliers. Élevage de 15 mois en fûts dont 15 % neufs.
www.domaine-coursodon.com
http://pikowines.com/frwww.terre-vin.bewww.lemillesime.ch/frwww.henribloem.nl

La Relève 2016 – Saint-Joseph – Domaine Jeanne Gaillard

Grenat carminé, au nez comme un bouquet de simples. Sauge, mélisse, violette et absinthe exhalent avec une subtilité insistante leurs parfums envoûtants. Le fruit, on le trouve en bouche, frais et juteux, aux tanins croquants et enjoués. Les tanins juste serrés s’en maculent et le distillent pour en faire des liqueurs aux plantes. Un Saint-Joseph aromatique !
Macération pré-fermentaire à froid 5 jours. Élevage en barriques récentes dont 2 neuves pendant 18 mois.
www.domainespierregaillard.com/vins_jeanne.php
www.mouchart.bewww.qualivino.bewww.wineplus.bewww.privinliege.be – www.vins-prives.comhttps://tgvins.bewww.oliviervins.comwww.fontaine-aux-vins.be –  www.wijnensanders.behttp://vinumestsanus.euhttp://hermanwines.comwww.pierre-wyss.ch

Passion de Terrasses 2016 – Saint-Joseph – Domaine Guy Farge

Grenat cramoisi, il respire la rose ancienne, l’iris et la violette dont les pétales se tachent de quelques gouttes de jus de griotte et de cassis. La bouche n’est pas aussi prolixe que le nez et préfère se réfugier derrière son architecture droite aux allures cisterciennes, bref, un peu austère. Il faut, aujourd’hui, aller vers lui, trouver dans ce paysage lapidaire la fraction juteuse promesse des lendemains gourmands, voire affriolants. En attendant, sa densité, sa texture, sa longueur, nous en disent long sur son potentiel.
Vignes de plus de 100 ans. Vinification de 1 mois en rafles entières, élevage de 12 mois en 400 L usagés + 2 mois en cuve.
D’un accès plus immédiat, Guy Farge propose Terroir de Granit 2016 – Saint-Joseph, grenat foncé, le nez fait de gelée de framboise et de groseille, une bouche délicate qui émerveille par la délicatesse de ses fruits, la soie de ses tanins, la fraîcheur de ses jus.
www.vigneron-guy-farge-rhone.com
https://winebar-mouchart.be/frhttp://lesvinspublics.chhttps://wijntransport.com/en/home

Mairlant 2016 – Saint-Joseph – Domaine François Villard

Grenat améthyste au nez qui nous rappelle la mine de crayon qui nous dessine une multitude d’iris et de violettes sur la peau des baies de cassis. La bouche suit le même crayonné, traçant avec subtilité des arabesques fruitées sur le crêpe un peu rêche des tanins. La soie est fraîche, veloutée, avec des airs espiègles dont les épices nous agissent comme un sortilège. Un Saint-Joseph enjoué !
Vendange 50% de grappes entières, cuvaison 12 jours en cuves inox et bois, élevage 18 mois en fûts de 2 à 4 ans.
www.domainevillard.com
www.cavedesoblats.comwww.cavesdelabbaye.behttps://lechemindesvignes.bewww.maisondesvinsfins.bewww.portovino.bewww.rrrhone.bewww.vierheemskinderen.nlwww.aklin-vins.chhttp://lepasseurdevin.com

Saint-Joseph 2016 – Domaine Aléofane – Natacha Chave

Rubis sanguin, au nez curieux de pistachier térébinthe et de berlingot à la menthe avant de révéler ses confitures de framboise et de mûre parfumées d’angélique. La bouche suave offre une gourmandise délicate, comme retenue, histoire de faire durer le plaisir. Jouissance raffinée qui distribue avec parcimonie, mais constance, ses gâteries engageantes. Mais ne nous y trompons pas, derrière cette douceur avenante se cache un caractère ferme et bien ancré.
Vignes de 50 ans. Élevage de 12 mois 60% en demi muids et 40% en pièces. Conduite biologique.
Domaine Aléofane
www.cavedesoblats.comhttp://etiquette-wines.comwww.sommeliere.bewww.maisondesvins.bewww.lavolnaysienne.bewww.vyncke-daels.bewww.pierreachewijnen.nlwww.vinothentic.chwww.muvino.ch

La Dardouille 2016 – Saint-Joseph – Domaine Emmanuel Darnaud

Rubis noir, le nez graphite, réglisse, prunelle et iris qui annonce un vin généreux. La bouche confirme avec empressement et c’est avec diligence qu’elle nous fait profiter de ses largesses fruitées. Voilà un vin à la fois opulent et gourmand qui n’hésite pas à nous faire plaisir dans l’instant. Mais n’y voyez aucune légèreté de caractère, celui-ci bien trempé nous dit quelques mots sur sa longévité.
Vendange égrappée à 80%, fermentation 20 jours en cuves bois ouvertes, élevage de 15 mois en barriques et demi muids de 1 et 2 vins.
www.domainedarnaud.com
www.maisondesvinsfins.bewww.rhonevaluewines.euwww.delogie.nlwww.chateauvieux.ch/fr/epiceriewww.martel.ch

La Sybarite 2016 – Saint-Joseph – Domaine Aurélien Chatagnier

Grenat violet, le nez embaume les friandises, bonbons à la violette et au coquelicot, loukoum et autres merveilles de notre enfance. La bouche en tombe de gourmandise, bonheur chatoyant qui se joue des tanins bien serrés en les inondant de jus frais et épicés. Un lacet de réglisse noue le bouquet floral qui prolonge l’agréable délectation.
Macération de 3 semaine. Élevage de 1 an en fûts de 1 à 5 vins.
aurelien.chatagnier@free.fr

Les Royes 2016 – Saint-Joseph – Domaine Courbis

Grenat pourpre, le nez légèrement fumé laisse percevoir des fragrances de fruits noirs et de réglisse, avec un accent floral de violette. La fraîcheur buccale se parfume de rose ancienne avec des impressions de poudre de riz et de cumin, une élégance qui se prolonge en fruité délicat. Burlat et fraise ont la préférence, puis prunelle et myrtille prennent le relais pour notre plus grand plaisir.
Macération de 3 semaines. Élevage de 18 mois en 1/3 de fûts neufs, 1/3 de 1vins et 1/3 de 2 vins

La Cotte Sud 2016 – Saint-Joseph – Domaine Courbis

Grenat noir, il sent la mine de crayon, la gelée de rose, la confiture de griotte et le menthol. La bouche suave et fraîche s’avoue à la fois élégante et gourmande avec une multitude de notes fruitées et florales. Les tanins fins, serrés, laisse sourdre jus et chairs qui prolonge notre plaisir par une longue finale épicée.
À boire plus rapidement, le Saint-Joseph 2016 Domaine au fruité immédiat, à la bouche fraîche et élégante, qui offre quelques envolées épicées qui boostent ce Saint-Joseph des plus gourmands.
Éraflage 100%. Vinification en cuve inox, macération 15 jours. Élevage de 18 mois en barriques neuves pour 50% et d’un vin.
www.vins-courbis-rhone.com
Colruyt – www.mondovino.chwww.henribloem.nl

Millésime 2015

Saint-Joseph 2015 – Vidal-Fleury

Violet noir, il débute par une offrande florale de lis, d’iris et de violette, puis nous ravit encore par ses fragrances de cerise et de fraise noires rehaussées de poudre de riz. La bouche délicate et élégante propose quelques épices, poivre blanc, cumin et cardamome soulignées d’un trait de réglisse, avant de passer aux fruités juteux qui colore la soie tannique. C’est un jus frais qui permet au vin d’être servi autant à l’apéro que sur le repas.
Macération de 3 semaine, élevage sur lies 3 mois en cuve, puis 12 mois en foudres.
www.vidal-fleury.com
www.hasseltmillesime.behttps://www.gall.nl

 Anaïs 2015 – Saint-Joseph – Domaine du Chêne

Grenat noir, un nez bien aromatique qui décline fleurs, fruits et épices. Séquence qui se retrouve en bouche et parfume la trame tannique de ses saveurs fraîches. Violette, griotte et poivre noir, pivoine, myrtille et cumin, iris, thym et lavande, sont quelques-uns des trios qui vont et viennent dans tout l’espace palatin.
Macération de 20 jours, élevage de 18 mois en barriques neuves.
www.domaineduchenerouviere.com
https://vins-mostade-gobert.bewww.levieuxjeanvins.com

CH 2015 – Saint-Joseph – Cave de Tain

Grenat sombre, le nez rappelle les bonbons, les fruits confits, les pétales de fleurs glacés. La bouche bien juteuse coule sans entrave et déroule sur nos papilles ses arômes de mûre et de cassis, de violette et de rose, cela rend le vin des plus gourmands. D’autant plus que les tanins, certes présents, s’entourent d’une onctuosité des plus agréables. La finale s’épice et nous engage à y revenir.
Macération longue en cuve béton, puis post-fermentaire à chaud pendant 3 semaines. Élevage en cuve sur lies fines pendant 6 mois, puis en fûts de 400 L pendant 12 mois.
www.cavedetain.com
comptoir_des_vins@skynet.be

Les Granilites 2015 – Saint-Joseph – M. Chapoutier

Grenat cramoisi, un nez grillé toasté nappé de confiture de framboise et de cerise, très poivré, un poivre noir mélangé d’anis et de réglisse. La bouche dessine quelques roses et racines d’iris d’un trait de crayon gras. Les tanins encore bien présents entourent de leur texture en crêpe de Chine le fruité frais. Son expression reste aujourd’hui toutefois limitée, il faut l’attendre quelques années de plus pour jouir de son potentiel.
Macération de 4 semaines et malo en fûts. Élevage de 12 mois en barriques, suivi de 6 mois en cuve béton.
www.chapoutier.com
www.young-charly.com  – www.berthaudin.chwww.collection-markus-nauer.chwww.orbwijn.nl

Ici se clôture cette très belle dégustation d’une appellation qui a le vent en poupe.
Un prochain épisode parlera des Saint Joseph blancs, plus confidentiels, mais qui, comme les rouges valent la peine d’y plonger nez et bouche.

Marc Vanhellemont

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