Rosés provençaux haut de gamme

06/07/2018 - Les rosés des Côtes de Provence, Coteaux d’Aix-en-Provence et Coteaux Varois en Provence souffrent encore d’un déficit d’image de la part des consommateurs qui les voient le plus souvent comme des vins d’été, de barbecue. Et pourtant…

Il faut oser le terme « haut de gamme », en parler, les mettre en avant. C’est légitime ! Cela montre qu’en Provence, berceau et modèle du rosé, la tendre couleur se décline en une gamme : camaïeu de tons, éventail d’arômes, variation de textures… Quand on produit plus de 80% de rosés, il paraît évident qu’il n’en existe pas qu’un seul au tarif. Les Provençaux s’en sont faits une spécialité. Longtemps dénigré, considéré comme un ersatz, une amourette de vacances, il a aujourd’hui la cote. On l’imite, on le copie. Mais le pays des cigales possède quelques longueurs d’avance…

©PatriciaBrochu-CIVP

Ce dossier nous montre que la production dans son ensemble a immensément évolué. La qualité moyenne du rosé provençal est aujourd’hui des plus respectables. Une partie de la production demeure évidemment des plus technologiques, il faut abreuver les vacanciers et les rayons des supermarchés… Mais chaque entité particulière ou coopérative possède dans le même temps ses cuvées prestigieuses, ses hauts de gamme, ses musts d’un raffinement extrême.

Les rosés sélectionnés ne l’ont pas été en fonction de leur prix (celui-ci peut varier d’une dizaine d’euros à plus de 30€ départ cave), mais de la qualité des vins.

Un réel bonheur

Je partais certes avec un a priori des plus positifs, ayant pu en apprécier il y a quelques années déjà; mais les hauts de gamme actuels ont de loin dépassé leurs prédécesseurs…

Château de Beaupré

Ma quête commença par un domaine des Coteaux d’Aix-en-Provence, le Château de Beaupré, où Phanette Double propose sa cuvée Collection qui existe dans les trois couleurs. Le rosé fut proposé en bouteille rouge, histoire de marquer le coup à l’époque, au début des années 2000. Avec l’arrivée de Phanette en 2003, le regard sur le rosé a changé, «avant, on ne prenait guère de soin dans l’élaboration du rosé, mais celui-ci demande un suivi constant, tout est important, la date optimale de la vendange, la température de vinification… d’où l’idée de faire plusieurs rosés. Des rosés pour chaque moment et par conséquent un rosé de gastronomie. Je vinifie le Cabernet Sauvignon en barrique pour ajouter du volume, de la longueur et du gras, sans marquer le rosé» explique Phanette.

Rosé Collection 2017 – Coteaux d’Aix-en-Provence- Château de Beaupré
à la robe saumon pâle avec une pointe de violet, le nez floral et fruité, la bouche suave, fraîche, à la fois légère et dense, à la fois aérienne et minérale, dont l’onctuosité distille avec élégance les chairs de framboise, de fraise et de groseille, un rien de poivre pour en aviver les parfums. Assemblage de 90% de Grenache, 5% de Syrah et 5% de Cabernet Sauvignon. www.beaupre.fr

Une seule cuvée aux Annibals


En Coteaux-Varois-en-Provence, au Domaine des Annibals, Nathalie Coquelle élabore chaque année trois rosés, sauf en 2017 qui n’a vu embouteiller que son excellent Suivez-moi-jeune-homme. Pas de cuvée  Grands Annibals pour cause de gel. Dommage, j’aurais aimé déguster cette explosion de fruits, ce vin ample et onctueux, ce feu d’artifice d’arômes, « un rosé qui s’accorde bien avec une tarte au poire ou une mousse au chocolat », dixit Nathalie.

Toutefois, le Suivez-moi-jeune-homme 2017 – Coteaux Varois en Provence – Domaine des Annibals
à la robe veloutée comme un abricot, au nez de melon et de framboise nuancés de fleur d’oranger, la bouche croquante de fruits, au soutient minéral, rafraîchi d’un léger jus de citron vert, élégant, … nous en dit long sur son grand frère.
http://annibals.com
www.uvinum.bewww.bottles-online.bewww.heijwine.nl

Une surprise inattendue en Sainte-Victoire

Domaine Saint Ser


Si la cuvée haut de gamme attendue au Domaine Saint Ser, en Côtes de Provence Sainte-Victoire, est celle de l’Ermite, une surprise m’attend en franchissant les portes de la cave, œufs, jarres et dolia y trônent. Après 3 années d’essais, La Petite Folie est enfin prête pour le millésime 2017. Jacqueline Guichot Bertin qui a racheté le domaine en 2006 et très engagée dans une agriculture écologique aime, comme son Fabien son maître de chai, tenter de nouvelles expériences. La dernière est une belle réussite et montre que le rosé se plie volontiers aux nouvelles pistes.

La Petite Folie 2017 – Côtes de Provence Sainte-Victoire – Domaine Saint Ser
Saumon pâle, il offre une douceur en bouche, celle des jus d’abricot et de pêche avec de la mirabelle, épicés de poivre et de safran, avec la fraîcheur légèrement amère de l’écorce de cédrat, un relief tannique à peine perceptible renforce sa texture et son caractère. Fabien explique « la fermentation des Grenache et Cinsault, plus 10% de Sémillon, se fait dans les trois contenants, puis le vin est soutiré, assemblé et réincorporé pour 3 mois d’élevage. L’œuf apporte la précision, le dolium du gras, de la corpulence et la jarre le lien entre les deux ». Quant à la Cuvée de l’Ermite, le 2015 dégusté confirme que le rosé tient dans le temps, garde sa fraîcheur après 2 ou 3 ans pour nous offrir une saveur accrue de fruits et d’épices.
www.saint-ser.com
www.divinewines.be  – www.ah.nl

Le rosé de Gilles


Gilles Masson, du domaine éponyme, en est à son deuxième millésime. Un rosé sympa et élégant que ne saurait renier le Directeur du Centre du Rosé à Vidauban. Pour l’instant, il n’y en a qu’un…

Rosé 2017 – Domaine Gilles Masson – Coteaux Varois en Provence

Pétale de rose, croquant et délicatement frais aux arômes de rose, de groseille et de framboise subtilement poivrée. L’onctuosité de la texture lui apporte charme et confort de dégustation. Sa belle longueur nous dit qu’il sera toujours aussi bon dans un an. La note florale en en finale ajoute au raffinement.  Assemblage de 50% de Grenache, 30% de Syrah, et 10% de Cinsault et de Rolle.

« L’important c’est le choix du moment de récolte avec un assemblage des vendanges, c’est la maturité qui pilote et pas le cépage. Pas de macération parce que je préfère la fluidité à la structure » et puis Gilles ajoute cette réflexion générale sur l’évolution des rosés depuis quelques années, « le rosé a bien évolué, il est aujourd’hui un vin qui a retrouvé sa gourmandise, ses petits fruits délicats, sa fraîcheur d’agrumes. Bien entendu, il faut que tout soit bien équilibré. Le vin, on doit avoir envie de le boire, il doit être désaltérant, mais aussi construit avec certes un rien d’amylique qui ajoute justement ce côté fruité et un rien de thiol qui nous donne l’impression de fraîcheur sans l’acidité ».http://domainemasson.fr

Celui d’Hélène


Domaine de Jacourette 2017 – Côtes de Provence Sainte-Victoire

Rose très pâle, il a ce goût de citron de Menton confit, floral avec une nuance de cédrat. Le confit donne au vin de la suavité, la note florale de l’élégance. S’y ajoute des leurs d’amandier et de citronnier, de la camomille romaine. Onctuosité et élégance est ce qui caractérise ce vin de belle gamme, un plaisir.
Il assemble Grenache et Syrah pour moitié chacun, qui macèrent 3 heures.
www.jacourette.com

Barriques ?

Une nouvelle tendance, bien que le passage en barriques n’est pas nouveau en Provence pour le rosé, à l’exemple la Cuvée du Temple de Château Bas en Coteaux d’Aix-en-Provence, le rosé Mas Négrel de Cadenet ou encore le Cuvée Prestige Caroline du Clos Cibonne en Côtes de Provence, pour ne citer que les premiers qui me viennent à l’esprit. Mais ajoutons deux autres domaines qui étrennent leur cuvée ‘élevée en contenants bois’.

Château Roubine

Le Château Roubine propose une gamme de 6 rosés, pour chaque moment de l’été et pour le reste l’année aussi;  la cuvée haut de gamme se nomme Inspiré.

Inspiré 2017 Cru Classé Côtes de Provence
d’un rose un rien plus soutenu que les autres cuvées, au nez de confitures de fraise et de framboise, une bouche pleine de fruits confits parfumés de lavande, de la rondeur, la fraîcheur des agrumes sans agressivité aucune, un léger taf de fumé, caractéristique du cépage Tibouren qui compose la cuvée à 90%, en macération pré-fermentaire de 48h et un passage en bois pour 15% du volume.
Mais il y a Lion et Dragon, deuxième édition millésime 2017 qui se compose de Mourvèdre, de Tibouren et d’un peu de Rolle, logé pendant 7 mois pour moitié en foudre et l’autre partie en barriques chêne et 2 en acacias. Lion et Dragon 2017 saumon carminé, gelée d’abricot et chair de melon teintées de Cayenne, puis viennent les impressions iodée et fumée, la bouche démarre sur les épices comme le cumin et le poivre de Sichuan qui soulignent la prune sombre et la cerise, le tout baigné d’onctuosité, ample et sans conteste au potentiel de vieillissement assuré. Un rosé de gastronomie !
www.chateauroubine.com
www.cinoco.comwww.terre-vin.be – www.ballouismeeus.be

Figuière


À La-Londe-les-Maures, Figuière suit la même démarche, après une belle poignée de rosés dont l’excellente cuvée Confidentielle, dégustée en mini verticale

Confidentielle 2017 – Côtes de Provence – Figuière

Saumon pâle, très élégant, minéral au nez avec son éclat de pierres à feu, une bouche iodée, un rien salée, épicée de fenugrec et de genévrier avant de révéler son fruité, abricot velouté, pêche savoureuse, cerise croquante, mais le plus remarquable, c’est la texture, onctueuse et fraîche.

Confidentielle 2016 – Côtes de Provence – Figuière

Saumon pâle au léger doré, abricot et orange sanguine, on retrouve le silex. Une année de plus lui apporte un regain d’onctuosité sans aucune lourdeur, une ampleur plus importante qui envahit avec son cortège de fruit tout l’espace palatin, c’est somptueux.

Confidentielle 2014 – Côtes de Provence – Figuière

Une robe presque blanche, une superbe bouche, très fondue avec la sucrosité du fruit, sa fraîcheur aussi, la saveur délicate de la mandarine, une impression aérienne, à boire encore pendant longtemps. Cinsault, Grenache et 10% de Mourvèdre

Arrive le nouveau-né Absolu qui passe 6 mois en barriques neuves et de 2 à 3 vins.

Absolu 2017 (premier millésime) – Côtes de Provence – Figuière

Saumon à reflets dorés, un nez grillé qui rappelle le moka à la cardamome, en bouche on ressent l’influence du logement sans le goûter, il apporte une texture légèrement ligneuse qui renforce sa structure. La fraîcheur évoque le jus de melon à le menthe fraîche, renforcée encore par un trait de quinquina. Un rien de sel et d’iode termine l’exercice gustatif de ce rosé. Certes bien équilibré, il faut attendre une ou deux années pour qu’il s’harmonise et offre à nos papilles tout son potentiel.
http://figuiere-provence.com
https://vinspirard.be

À La Londe-les-Maures encore, quand la Symphonie devient Fantastique  

Château Sainte Marguerite

Décidemment, les super haut de gamme sont en vogue ! Au Château Sainte Marguerite, Fantastique, une nouvelle cuvée affine encore la déjà belle expression de le cuvée Symphonie. Ce rosé est le résultat d’une sélection à la fois gourmande et élégante de 150 hl pris au sein des 3.000 hl de Symphonie. Elle assemble les jus issus de vieilles vignes de Grenache, de Cinsault et d’un peu de Rolle.

Fantastique 2017 – Cru Classé Côtes de Provence La Londe – Château Sainte Marguerite
Une robe hyper pâle, un nez délicatement fruité avec des impressions iodées. Mais c’est la bouche qui surprend vraiment. La saveur du fruit apporte tout de go une impression de plénitude, l’onctuosité porteuse de douceur sans être sucrée booste la jouissance qu’on éprouve. Puis, l’on revient un peu sur terre pour tenter de détailler les notes aromatiques, ce qui est bien difficile. Elles interagissent l’une avec l’autre offrant une perception globale où se reconnaissent par intermittence quelques agrumes, des fruits rouges et blancs, soutenus par une salinité délectable. Bref, on a l’impression de se fondre dans la fraîcheur fruitée du rosé.

Réflexion : je me posais la question de la différence entre les rosés hauts de gamme d’il y a quelques années, je les trouvais certes élégants, mais aussi austères, minéraux à souhait avec un envol floral et un fruit peu affirmé, par rapport aux actuels qui sont gourmands et raffinés. Olivier Fayard apporte une réponse : «il y a bien une évolution des rosés haut de gamme; à l’époque, on voulait surtout contrer les rosés amyliques en prenant le contrepied du minéral et de l’agrume. Aujourd’hui, on garde ce fond, mais on y ajoute du fruit, un équilibre plus harmonieux, un rosé qu’on a envie de boire. Pour y arriver, il faut de 10 à 15% de Rolle qui renforce l’élégance, un Cinsault bien mûr pour le fruité et un Grenache pas trop mûr, mais qui garde de la rondeur, vendangés la nuit, suivi d’une macération plus importante à froid pour apporter du goût, de la rondeur tout en évitant la couleur». Un de mes plus beaux moments de dégustation.
www.chateausaintemarguerite.com
www.dewitwines.be – www.millesima.be – https://kevins.be – http://fr.vitisvin.be

Un haut de gamme et c’est tout !

Clos Mireille

Le rosé du Clos Mireille, à La Londe, m’avait particulièrement plu (et pas qu’à moi) lors d’une dégustation à Paris. C’est donc avec bonheur que je l’ai dégusté à nouveau, mais sur place.

Clos Mireille 2017 – Côtes de Provence
La robe claire se nuance d’abricot; comme le nez, d’ailleurs, qui ajoute des impressions d’agrumes et quelques fleurs d’amandier et d’oranger. La bouche onctueuse développe des arômes de fruits jaunes et blancs qui se déclinent en de jolis jus frais, mais tout en notes délicates et d’une agréable fluidité qui donne un caractère aérien au vin. La finale se sale et se mélange d’épices, poivre, cumin, fenugrec qui fait saliver tout en exigeant une nouvelle gorgée.
Christian Ott nous en parle : «Le plus important, c’est la date de vendange, il faut être dans le vignoble, si le raisin est déjà bon à manger, c’est trop tard. Ensuite, le pressurage le matin des grappes entières laissées en chambre réfrigérée, les rafles servent de drain et on peut mieux ajuster la pressée qui doit être douce, elle dure 7h. L’élevage se fait sur lies. Première mise en février. Quant au SO2, on en met 60g avec 20g de libre». Assemblage de 60% de Grenache, 20% de Cinsault, 12% de Syrah et 8% de Rolle.
www.domaines-ott.com  –  www.young-charly.eu

Quelques belles cuvées

Château Rasque à Taradeau


Le Château Rasque à Taradeau, propose 3 cuvées, ma préférence va à la cuvée Alexandra 2017 – Côtes de Provence faite de Grenache et de Cinsault, robe saumon pâle, au nez de framboise et groseille, de pêche blanche et de citron vert. Une élégance que l’on retrouve en bouche. Aérienne, celle-ci n’oublie pas la gourmandise et le croquant d’une poire qui vient compléter les fruits rouges, mais ajoute aussi de l’onctuosité. La saveur subtilement amère de la réglisse renforce la fraîcheur de ce rosé qui macère 5 heures à basse température.
Le Clos de Madame à la robe plus prononcée, issue de 85% de Syrah complétée de Rolle, au goût délicat de fraise des bois, cassis et framboise, mais à la structure plus importante est certes plus complexe, mais à attendre 1 ou 2 ans avant d’en savourer toute la complexité.
www.chateau-rasque.com

Château L’Aumérade


Au Château L’Aumérade à Pierrefeu-du-Var, si la Cuvée Marie Christine dont l’élégance raffinée plaît beaucoup, je lui ai préféré la Cuvée Seigneur de Piegros 2017 – Côtes de Provence Cru Classé dont le pourpoint pétale de rose hume le vétiver, la camomille romaine, le poivre blanc, la poire, auxquelles s’ajoute un accent iodé qui renforce son caractère.
La bouche onctueuse et saline se pourvoit de notes coquines de groseille et de fraise mêlant puissance retenue et rondeur buccale, n’oubliant ni fraîcheur, ni longueur. Cette cuvée est un peu le pendant masculin de la première plus croquante et rafraîchie de menthe poivrée avec un soupçon de cannelle.
Assemblage de 56% de Cinsault, 36% de Grenache et 8% de Syrah pour Piegros et 42% de Cinsault, 34% de Grenache et 24% de Syrah pour Marie-Christine.
www.aumerade.com
https://haacht.com

Château La Gordonne


Au Château La Gordonne à Pierrefeu-du-Var, le rosé Vérité du Terroir plaît d’emblée par ses arômes d’orange sanguine rafraîchis par les zestes de l’agrume. Mais, La Chapelle Gordonne 2017 – Côtes de Provence la surpasse en élégance.
Couleur pétale de rose, elle respire le citron jaune, la verveine, la fraise et l’abricot. En bouche, ce rosé très croquant offre des agrumes oubliant le pamplemousse pour préférer le cédrat et le kumquat, les baies rouges viennent après, puis le charnu des fruits jaunes. Le tout épicé de poivre et de cardamome qui se décèlent plus sensiblement sur la belle longueur. Assemblage de Grenache, Syrah et Cinsault.
www.lagordonne.com

Château de Roquefort


Tout à l’opposé, Raimond de Villeneuve, au Château de Roquefort à Roquefort-la-Bédoule préfère élaborer un rosé au ton prononcé qu’il nomme Corail.
Ce n’est ni une entrée de gamme, ni un haut de gamme, c’est une gamme à lui tout seul. Chaque moment, chaque ambiance lui convient, été comme hiver. Couleur corail, le nez épicé au léger fumé, une pointe de poivre de Cayenne adoucie par un bouton de rose qui rappelle les loukoums. Vineux, croquant, il a l’onctuosité de la gelée de groseille, le gras de la pâte d’amande, tout en gardant une grande fraîcheur. Le sol calcaire, l’altitude de 350 m et l’exposition N et NO y sont pour beaucoup. Assemblage de 50% de Carignan, 20% de Cinsault et de Grenache, 10% de Clairette.
www.deroquefort.com
www.basin-marot.bewww.vin-lemillesime.com

La coopération n’est pas en reste

Cellier Saint-Sidoine


Au Cellier Saint-Sidoine, à Puget Ville, le rosé représente 92% des volumes produits. Il est logique que la cave propose une variété de rosés dont la cuvée Elite représente le fleuron, du moins à mes yeux ou plutôt mes papilles. Le directeur Rémi Médarian est moins strict et préfère parler de rosé à déguster selon les moments, « chez nous, on parle du rosé comme d’un grand vin, parce qu’on peut faire nombre d’assemblages grâce à nos 11 terroirs différents et nos 12 cépages, rechercher plus le minéral ou le fruit ou la salinité, rechercher le gras, l’élégance mais en gardant en tête le plus important : l’équilibre ». Elite 2017 – Côtes de Provence saumon pâle avec une pointe de violet, des notes d’iode, de pamplemousse suggéré, de fraise et de pêche blanche. Beaucoup de saveurs en bouche, ample et sapide, avec un éclat minéral. Côté agrume, le cédrat et le kumquat dominent, côtés fruits rouges, groseille et framboise font la paire. Le fruité dessine des arabesques juteuses sur la texture onctueuse du vin. Assemblage de Grenache, Syrah, Rolle et Mourvèdre en ordre décroissant.
http://saintsidoine.com

Et pour finir en beauté

Château Barbanau


Pour terminer sans réellement finir, la cuvée Et Cae-Terra du Château Barbanau à Roquefort-la-Bédoule semble tout indiquée. Sophie Cerciello et Didier Simonini aiment à  en emporter  dans leurs différents périples en Afrique, car un rosé « bien foutu », ça tient sous tous les climats. Mais c’est aussi une petite partie de chez eux qu’on photographie à la façon d’Amélie Poulain et qu’on laisse au guide en guise de remerciement et de découverte d’un autre continent. Didier me montre la parcelle où poussent les raisins de la cuvée et explique: «cette parcelle, on a décider de l’isoler, car ils donnent toujours bon, ces vieux Grenache à côté de la maison, ils ne souffrent jamais du sec dans les éboulis calcaires, ils sont proches de la source qui sourd un peu plus bas».

Et Cae-Terra 2017 – Côtes de Provence
saumon pâle à reflets dorés, un nez de fleurs blanches et de fruits rouges, mais c’est surtout la bouche qui ensorcelle par la fraîcheur du fruit. On y retrouve de l’abricot, de la pêche avec de l’ananas et des agrumes qui avivent légèrement les chairs onctueuses, mandarine, kumquat, cédrat, jus et zeste pour l’accent amer qui fait saliver. Puis, on retrouve l’impression sucrée du fruit, sans doute le charnu de l’abricot avec la petite vivacité du noyau. Assemblage de 90% de Grenache et 10% de Syrah. Culture biologique.
www.chateau-barbanau.com
www.vins-prives.comwww.privinliege.bewww.reliva.bewww.q2c.bevinthierrymartin@gmail.com

Bref, avec ces rosés haut de gamme, on entre dans un autre monde, celui du raffinement, de la saveur du fruit, de sa fraîcheur aussi, un univers fait d’onctuosité, de charme, de légèreté, de succulence, d’harmonie.
Et quand on parle des sens, notons que le rosé offre cet incroyable toucher buccal qui mène parfois à l’extase.

Marc Vanhellemont

photo principale: ©PatriciaBrochu-CIVP

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