Pouilly-Fumé, la mise à jour

23/01/2019 - Notre dernier dossier sur Pouilly-Fumé date de 2015. Il convenait donc de faire une mise à jour, sur base des trois derniers millésimes à la vente.

Ce fut chose faite, et de fort belle façon, début septembre, grâce à une dégustation d’une trentaine d’échantillons, spécialement préparée sur place à notre intention par le Bureau Interprofessionnel des Vins du Centre. Les trois millésimes concernés étant 2017, 2016 et 2015. Pour plus d’information sur la géologie, les terroirs et l’histoire de l’appellation, nous vous invitons à vous référer au dossier plus complet d’IVV 12/2015 .

Les millésimes en lice

Sec et ensoleillé, sans aléas climatiques, 2015 fait partie des beaux millésimes du Centre Loire, et notamment pour les blancs, à la fois généreux et élégants.

2016, par contre, a mis les nerfs des vignerons à rude épreuve: pluvieux, mais aussi gélif, puis caniculaire ! La récolte à Pouilly a été sérieusement réduite par le gel de la fin avril, mais aussi par des épisodes de mildiou et de la coulure. Les volumes ont été faibles, et la qualité.

2017 en revient à des paramètres plus favorables au plan de l’ensoleillement, mais les gels de printemps font à nouveau des ravages, puis la grêle. Les sauvignons qui ont survécu ont atteint une bonne maturité, tout en conservant assez d’acidité.

L’appellation a donc pu fêter dignement son 80èanniversaire, avec un beau millésime, même si les stocks sont restés assez bas. 2018, enthousiasmant en termes de qualité comme de quantité, devrait permettre de les reconstituer.
Et maintenant, notre sélection, classée par millésime.

2017

 

Un double commentaire pour les deux cuvées du Comte Henri d’Assay : «La cuvée Calcaires, tout d’abord qui étonne par sa robe fluo et puis qui ravit par son côté Pouilly de soif. Un vin vraiment sympa, d’une remarquable fraîcheur couplée à un soutient minéral sur lequel s’écrasent agrumes et fruits blancs. Dans un style différent, vert jaune mais pas fluo, la cuvée Commune de Saint-Andelain, au nez grillé et à la bouche poivre et sel qui relève le bourgeon de cassis, la rhubarbe confite et la poire croquante. Dense, sa texture onctueuse augure d’un bon avenir».

2016

 

Un coup de cœur dans ce millésime difficile: «Comment résister au Clos des Chaudoux du Domaine Serge Dagueneau et ses filles, à la robe lumineuse, une impression de se balader en pleine campagne aux moissons avec ses senteurs de foin qui en entrainent d’autres, rose ancienne, reinette étoilée, guimauve et cassis… Et puis il y a la bouche, cristalline, d’une élégance folle avec ce léger fumé qui se parfume de fruits blancs ombrés d’une pincée de poivre».

2015

 

Ce dernier vin a marqué la dégustation: «Une aromatique très différente, on quitte le Sauvignon pour autre chose, le miel d’acacia, le coing, la poire, un bel équilibre acidité et gras, beaucoup d’épices, et la finale saline, très longue, mais aussi très dense, fait saliver. Très grand vin.»

En résumé

Un beau résultat: 14 vins retenus sur 33. Peu de vins à défaut – quelques sous-maturités, quelques oxydations prématurées, pas de quoi fouetter un chat, même celui du fameux pipi.
Une légèrement préférence pour les 2016 et les 2015, à ce stade – combien de fois l’avons-nous déjà écrit : les blancs gagnent très souvent à ne pas être consommés trop vite, surtout les blancs de terroir, qui ont autre chose à dire que quelques arômes primaires.
Dans notre sélection, on retrouve des noms déjà cités dans nos précédents dossiers, comme celui du Château de Tracy, de Serge Dagueneau & Filles, des Domaines Berthier, de Michel Redde ou du Château Favray. Mais aussi quelques nouveaux venus comme le Domaine Roger Pabiot, Landrat-Guyollot ou Henri d’Assay (jeune négociant, mais vieil habitué de nos pages, puisqu’il officiait encore récemment au Château de Tracy).

Nous y voyons plusieurs enseignements: primo, le niveau qualitatif global de cette appellation continue à progresser; elle reste une référence en matière de sauvignon de terroir; secundo, elle se renouvelle, notamment grâce à l’arrivée de nouvelles générations. Tertio, il y a bel et bien de la place, en son sein, pour de belles individualités, dans le respect de la collectivité.

Hervé Lalau & Marc Vanhellemont

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