Pascal Guilbaud, l’autre visage du Muscadet

24/01/2017 - Pascal Guilbaud n’aime pas trop les Muscadets qui frisent et qui détartrent les dents. Les siens, il les veut pleins, riches, en un mot, vineux. Et il n’hésite pas à les laisser vieillir. Comme son Clos du Pont, par exemple.

Cet enfant de Mouzillon est convaincu que l’avenir du Muscadet ne passe ni par l’arrivée de cépages aromatiques comme le Colombard, ni par la course au prix le plus bas, mais par une plus grande expression du terroir dans les vins, et donc, plus d’effort de la part de l’élaborateur. Les terroirs, ils sont là, qu’ils aient le statut de crus communaux (Vallet, Clisson et Le Pallet sont les trois actuellement reconnus) ou pas.
Ses terroirs, lui les voit plutôt à l’échelle de parcelles que de communes – c’est dans cet esprit qu’en 1983, il a créé la cuvée Le Clos du Pont.
Enfant, il entendait son  grand-père  lui dire que cette vigne donnait toujours des raisins différents, une maturité plus complète; mais c’est lui qui a eu l’idée de la vinifier séparément.

« 100 mètres font la différence » – mais pas que !

Le Clos doit son nom à l’ancien pont gallo-romain qui franchit la Sanguèze, à la sortie de Mouzillon. La vigne est un coteau en pente exposée au nord. Si le sous-sol est schisteux, en surface, on trouve une coulée d’argile ; c’est une terre assez pauvre, mais le Melon B (qui a récemment perdu le droit de se référer à sa Bourgogne d’origine) y bénéficie de la chaleur restituée par la terre. Comme le souligne Pascal Guilbaud : «A voir le vignoble, on ne le croirait pas, mais ici, 100 mètres suffisent pour faire une grande différence dans les vins». Et j’ajouterai : la patte du vigneron aussi, qui décide quand on ramasse, et ce que l’on ramasse, comment on le vinifie, et comment on l’élève…

Une jeune bouteille de 7 ans…

Le 2009, que je vous présente aujourd’hui, n’est pas une bouteille sortie de la réserve personnelle du vigneron, pour épater le professionnel : c’est un des millésimes à la vente ; Il faut dire qu’il a été élevé près de 2 ans en foudres, sur ses lies, avant de s’affiner encore 4 ans en bouteilles. Curieusement, comme il excède le temps d’élevage sur lie prévue par une appellation qui semble d’abord miser sur la rapidité de la commercialisation, il ne peut revendiquer cette mention censée être qualitative. Le vin est donc un Muscadet de Sèvre & Maine, un point c’est tout.

Mais revenons au millésime 2009. Tout a commencé par une année propice : printemps clément, y compris pour la floraison, grosses chaleurs en août, très peu de parasites. Et au moment où la vigne commence à souffrir, une pluie salutaire vient sauver la mise. Quand commencent les vendanges, à la mi-septembre, le temps est revenu au beau, et les Guilbaud ont eu le temps de laisser les raisins arriver à maturité, et même un peu au delà, pour cette cuvée (à noter que les grains sont sélectionnés).

Le résultat, c’est un vin aux forts accents minéraux, que le séjour en bois n’a absolument pas gommés, mais qu’il a rendu plus consensuel. Il n’en oublie pas d’être fruité pour autant. Du fruit mûr, et même du fruit sec : il nous offre des zestes d’oranges, des amandes fraîches et des noisettes. En bouche, sa structure est étonnante – on le croirait presque tannique. La finale hésite entre la brioche et l’iode. Et le comble, c’est qu’il a  l’air un peu jeune !

Du même vigneron, on recommandera aussi le Château de la Pingossière 2012, également le fruit d’un élevage long, mais aux accents plus exotiques, et plus vite prêt. Sans oublier, dans un style un peu plus immédiat, encore, mais toujours bien mûr, l’enjôleuse cuvée Le Soleil Nantais 2015, la bien nommée.
www.guilbaud-muscadet.com
www.generalstores.be – www.wijnendeclerck.be

 La maison Guilbaud fait partie du Club Vignobles & Signatures, qui compte une douzaine de maisons familiales de prestige, comme Blanck, Drappier, Château de Tracy ou Rolet…
www.vsclub.com

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