Lurton, la famille des Grands Crus

12/06/2015 - Ils étaient venus ils étaient (presque) tous là: les nombreux rejetons de la famille Lurton avaient pris le chemin de Bruxelles, lundi dernier, pour présenter leurs domaines respectifs. Le cadre choisi, l’Ambassade de France, ne pouvait mieux correspondre à ces hérauts du vin à la Française.

Ils sont 13 en activité dans le vin, tous descendants de Léonce Récapet via son gendre François Lurton. Et représentent 25 propriétés, pour un total de 1 .300 hectares. La plupart à Bordeaux, même si certains se sont également établis hors de la région, et même hors de France.
Bien que leurs sociétés n’aient pas de liens commerciaux, depuis 2009, ils ont décidé de communiquer ensemble autour d’une marque originale: leur nom.
A défaut de pouvoir vous parler de tous, voici donc mes vins préférés, avec une petite introduction sur leurs propriétaires.

Bérénice Lurton

Bérénice Lurton (Château Climens)

La fille de Lucien (la branche médocaine de la famille), était venue faire déguster quelques vins de Château Climens, Grand Cru Classé de Barsac créé au 16ème siècle et entré dans la famille en 1972.
Situé à Barsac sur le plateau où calcaire est affleurant et composé uniquement de sémillon de petit rendement,
Ce vin de haute couture est aujourd’hui exploité en biodynamie. « Et ne ressemble à rien d’autre », souligne Bérénice. En tout cas, son 2005 garde une étonnante fraîcheur sous la sucrosité ; le nez est riche – miel d’acacia, mangue, papaye, agrumes confits, la bouche opulente – on en mangerait ! Et encore peut-on s’attendre à ce que le vin s’ouvre, il commence à peine son adolescence…
http://www.chateau-climens.fr/

 

Jacques Lurton

Jacques Lurton (The Islander)

De ses aventures internationales avec son frère François, Jacques Lurton a gardé un domaine particulièrement éloigné de son berceau bordelais: The Islander, sur l’île australienne de Kangaroo, où il a démarré la culture de la vigne, il y a plus de 30ans. Un climat frais qui confère aux vins une acidité naturelle assez peu courante en Australie, presque un côté européen.
J’ai particulièrement apprécié la cuvée Old Rowley 2013, d’inspiration plutôt rhodanienne, puisqu’elle assemble syrah, grenache et Viognier ; plus encore que la pureté du fruit, noir et rouge, et que les notes épicées et herbe coupée, c’est l’élégance de sa trame, ses tannins juteux mais affutés, qui m’ont séduit.
http://www.jacqueslurton.fr/

 

FrançoisLurton

Francois Lurton

Fils d’André et frère de Jacques, François a d’abord été consultant, un peu partout sur la planète vin. Puis il a acquis plusieurs domaines en Argentine (où son frère et lui ont été les pionniers de viticulture d’altitude de la vallée d’Uco, en 1995), au Chili (Hacienda Araucano, Lolol), en Espagne (à Toro et Rueda) et dans le Midi de la France (Fitou et Roussillon (mas Janeil).
Il développe aussi une marque à la notoriété internationale : « Les Fumées Blanches », un sauvignon.
Difficile de choisir un vin pour illustrer ses talents. J’ai opté pour son vin d’Argentine, le Piedra Gran Malbec.
Un vin puissant, au fruit charmeur mais plein de vivacité.
J’ai aussi adoré le blanc du Mas Janeil et le rouge chilien Alka (déjà plusieurs fois épinglé dans ces colonnes). http://www.francoislurton.com/
http://www.palaisduvin.be/

 

Thierry Lurton Camarsac

Thierry Lurton (Château de Camarsac)

Ancien éducateur, Thierry est revenu au vin à l’instigation de sa sœur ; un produit qu’il approche par les saveurs, plus que par la technologie ; pas étonnant, dès lors, que les arômes de son Château de Camarsac soient si séduisants. Et notamment sa cuvée du Prince Noir, qui assemble le merlot aux deux cabernets – pas de notes boisées pour ce vin, mais toute la gamme des émotions fruitées et épicées. Dans la famille Lurton, je demande le plus décontracté… http://www.camarsac.com/

 

Marc Lurton

Marc & Agnès Lurton
(Château Reynier et Château de Bouchet)

Château Reynier est un autre symbole de l’enracinement des Lurton à Bordeaux, et particulièrement dans l’Entre-deux Mers : il appartient à la famille depuis 1900. Il compte 40 ha (calcaires et argiles profonds), dont 80% sont plantés en cépages rouges. La plus grosse partie de la production est exportée, soit sous ce nom, soit sous celui du Château de Bouchet, dont les vignes sont voisines.
Mon vin préféré est d’ailleurs une cuvée de ce dernier domaine, le Château de Bouchet Magnificat 2010, à la belle structure acide et aux tannins très fin; épinglons aussi l’excellent travail du bois, qui souligne mais ne domine pas le fruit. http://www.marc-agnes-lurton.com/fr/chateau_reynier/

 

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Christine Lurton-de Caix (André Lurton)

Les 7 enfants de la branche d’André sont  réunis en société : Vignobles André Lurton (soit 600 ha de vignes, 10 châteaux sur 7 appellations, pour 4 millions de cols vendus chaque année). Parmi ces châteaux, on trouve notamment La Louvière, à Pessac Léognan.
Ce dernier offre toujours un grand plaisir, en blanc comme en rouge. On parle parfois de raffinement à la Bordelaise ; en voici un des meilleurs exemples : ce n’est pas parce qu’on est poli, propre sur soi, qu’on a pas une belle personnalité…  http://www.andrelurton.com/

 

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Marie-Laure Lurton

Œnologue, Marie-Laure Lurton a repris les propriétés de son père, le Château de Villegeorge (Haut Médoc), le Château Duplessis (Moulis) et le Château La Tour de Bessan (Margaux).
C’est ce dernier domaine, dans sa version 2012, qui m’a le plus plu, notamment par sa souplesse ; voici un vin à la fois facile d’accès, et d’une certaine sophistication en bouche – les tannins très délicats enrobent un fruit noir assez gourmand. C’est classique et de bon aloi.  http://www.marielaurelurton.com/fr/

 

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Gonzague Lurton (Dufort-Vivens)

Gonzague était dans la finance et a changé d’orientation en reprenant les rênes du Château Durfort-Vivens à Margaux (acquis par la famille en 1962). Il a consenti de gros investissements en cuverie et s’est tourné vers la biodynamie. Gonzague possède aussi un domaine aux Etats-Unis, dans la Sonoma.
Son Dufort Vivens 2009 est d’une grande finesse. Malgré l’année assez solaire, il présente un nez plutôt frais, une structure élancée, la bouche est complexe, charnue et juteuse à la fois, avec des tannins d’un soyeux exceptionnel. http://www.durfort-vivens.fr/blog/

 

Denis Lurton Desmirail

Denis Lurton (Château Desmirail)

Cet ancien avocat est devenu vigneron en 1992, avec la reprise du Château Desmirail – 40 ha à Margaux, sur la D2. Un Cru Classé, certes, hérité de son père Lucien, mais surtout un vignoble et une cuverie entièrement réorganisés par ses soins.
Denis cherche à obtenir des vins agréables jeunes, et privilégie rondeur et souplesse. Mission accomplie.
Son 2009 séduit par son élégance; la matière est assez fluide, mais le vin a énormément de classe, avec des tannins d’une grande suavité. http://www.desmirail.com/

http://lurton.com

Hervé Lalau (avec Philippe Stuyck)

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