Les exportations de Champagne en 2016

Les chiffres des exportations de Champagne pour l’année 2016, dévoilés voici quelques jours par le Comité Champagne, révèlent deux tendances contradictoires: une baisse des volumes (-2%, à 149 millions de cols), et une quasi stabilité des ventes en valeur, à 4,71 milliards d’euros, à un niveau record.

Par ordre décroissant d’importance, les cinq plus gros débouchés du Champagne à l’exportation sont les Etats-Unis, avec un montant de 540 millions d’euros (pour un volume de 21,8 millions de bouteilles), le Royaume-Uni (440 millions d’euros, 31,2 millions de cols), le Japon (252 millions d’euros, 10,9 millions de bouteilles), l’Allemagne (194,6 millions d’euros, 12,5 millions de cols) et l’Italie (138,8 millions d’euros, 6,6 millions de cols). Vient ensuite la Belgique, avec 128,8 millions d’euros, pour 8,3 millions de cols.

De gros écarts de prix

En termes de prix, on constate de fortes disparités. Ainsi, le prix moyen à la bouteille expédiée (hors taxes et marge de revente, donc) est de 14 euros au Royaume-Uni et en Australie, de 15,5 euros en Belgique et en Allemagne, mais de 18,2 euros en Suisse, de 18,8 euros en Espagne, de 21 euros en Italie, de 23 euros au Japon et de 24 euros aux Etats-Unis.

Difficile, d’après ces chiffres, de dresser le profil type du Champagne qui réussit à l’exportation: le marché allemand semble bien avoir progressé en 2016 grâce aux petits prix (les ventes en volume outre-Rhin ont augmenté de 4,9%), tandis que dans le même temps, les Etats-Unis, pays de Champagne cher, ont également progressé de 6,3%, toujours en volume.

Le cas de la Belgique

Par contre, en Belgique, où les prix sont plutôt bas, et malgré une forte hausse de la consommation de bulles en général, les exportations officielles de Champagne ont perdu 900.000 cols en 2016, passant de 9,2 millions en 2015 à 8,3 millions.

Le fait que bon nombre de Belges passent la frontière pour acheter leur Champagne, que ce soit dans la région de production ou dans les grandes surfaces françaises frontalières, ne consolera guère les importateurs de Belgique, marché historique et longtemps très fidèle du Champagne, mais devenu très concurrentiel depuis que le Cava, puis le Prosecco, sont venus chasser sur ses terres.

Peut-être aussi que pour les nouveaux consommateurs de bulles, ni le goût du Champagne, ni sa sophistication, ne sont forcément ce qu’ils recherchent. Les bulles ont longtemps été réservées aux grandes occasions ; à présent que le Belge en boit plus souvent, quasi hebdomadairement, pour certains, leur choix se porte sur d’autres produits.

Et celui du Royaume-Uni

Autre cas à part : le Royaume-Uni, où les ventes ont chuté de 8,7% en volume; la plupart des commentateurs mettent cette mauvaise performance sur le compte de la dépréciation de la livre, qui renchérit les produits importés en euros ; mais ce n’est pas la seule explication valable, puisque d’autres bulles importées de la zone euro n’ont pas connu cette régression : à titre d’exemple, les ventes de Prosecco ont augmenté en 2016.

Le Comité Champagne met l’accent sur la valorisation, qui, selon lui,  doit passer devant le volume, pour les producteurs. On devra donc s’y faire: le Champagne restera cher, et ses parts de marché sont appelées à diminuer encore, au moins en volume, à mesure que la consommation de fines bulles augmente.

Hervé Lalau

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