Léonard Koan et le Bonnezeaux

22/06/2016 - Pour bien commencer la journée, voici un de ces koans qui témoignent de la subtilité de la pensée orientale: "Lorsqu'il n'y a plus rien à faire, que faites-vous?"

Il paraît qu’il y a des moines au Tibet qui passent leur vie à étudier ce genre de phrases. Etudier, pas résoudre. Car un vrai koan n’a pas de solution, ça défie la logique et notre pauvre sens de l’utile. J’offre une bouteille de Baron de Lestac 1966 à celui qui peut me dire ce que c’est vraiment qu’un koan, d’ailleurs…

Riche… et dépouillé

TerrebruneJe ne sais pas vous, mais moi, ça me donne le tournis. A tout prendre, je préfère encore un Bonnezeaux.
Comme celui du Domaine de Terrebrune, dont j’ai ouvert une bouteille il y a peu. Un 1996.
Quelle robe! Ambre, avec des reflets de feu. Et quel nez! Du miel, mais aussi de l’abricot, et puis de la résine, et un peu de fougère. Et puis des agrumes, et même un soupçon d’ananas. Je vous fais un prix sur le tout. En bouche, sous la séduction du sucre se profile une acidité encore très mordante, et puis de la pierre à fusil. La finale n’a rien de pâteux, elle est fraîche, au contraire. Ce vin est un ado, à la fois vif, espiègle et ombrageux.

Et malgré cette richesse d’arômes, c’est drôle, il y a comme du dépouillement dans ce vin. Je veux dire, dans sa structure, franche, tout d’un bloc. Voila un paradoxe digne de la sagesse asiatique. Mais ce qui fait la grandeur d’un vin, c’est ça. Il n’y a pas plus grand qu’une idée juste.
Pour accompagner ce « Juste entre les vins », j’ai servi un foie gras. Sans gelée, sans confit d’oignon ni de figues. Sans rien.

Ah si, une chanson de Léonard Koan. Je veux dire Cohen. « You know who I am ».

Leonard_Cohen1Plus le vin est grand…

Ce type ne chante pas, il parle sur la musique.
Et en parlant de musique, ses mélodies et ses arrangements sont aussi spartiates qu’une maison de pêcheur sur le port d’Hydra.
Une guitare sèche.
Une guimbarde.
Ses textes sont à la limite de l’abscons. L’ambiance, pas vraiment gaie.
Mais quelle voix peut vous donner de pareils frissons?
Dylan, peut-être. Ou Ferrat, dans « Camarades ».  Bref, cette austérité, c’était tout ce qu’il fallait à mon Bonnezeaux.

Comme dit le koan: « quand le vin est grand, la chanson est simple ». Ne me demandez pas ce que ça veut dire, je ne suis que l’auteur.

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Hervé Lalau

herve

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