Le Minustellu n’est pas un inconnu

12/06/2017 - Ce Corse discret retrouve un regain d’intérêt auprès de quelques viticulteurs de l’Île de Beauté.
Il évoluait toutefois ailleurs sous d’autres pseudonymes, mais toujours avec grâce et raffinement fruité.

Cépage endémique de la Méditerranée

On le retrouve en Espagne sous le nom de Graciano où il apporte son expression et sa délicatesse aux assemblages de la Rioja. En Languedoc, où on l’appelle Morrastel, il s’est fait plutôt rare. Mais il reprend du souffle en Sardaigne, sous les alias de Cagnulari ou de Bovale Sardo.

Quant à son origine, les experts hésitent, mais rappelons que la Sardaigne, voisine de la Corse a été occupée par la couronne catalane dès 1323, avant d’être castillane jusqu’en 1720; aussi de nombreux échanges de cépages ont eu lieu avec l’Espagne. De là à voir le Graciano devenu Bovale passer les Bouches de Bonifacio, le détroit qui sépare les deux îles…

Selon une autre hypothèse, il serait venu de France au 19es, on l’aurait confondu à l’époque avec le Mourvèdre, ce pauvre Morrastel.

Quoi qu’il en soit, aujourd’hui, il comble d’aise quelques vignerons d’Ajaccio et de Sartène, mais progresse petit à petit sur toute l’île.

Le Minustellu

C’est un cépage vigoureux, mais très tardif, tant pour le débourrement que pour la maturité des raisins. Son port est érigé et ses feuilles vert foncé et peu dentelées adoptent une forme pentagonale ou orbiculaire à 3 ou lobes au sinus pétiolaire chevauchant. Ses grappes, cylindro-coniques, ailées et compactes, sont grandes et portent des baies sphériques de taille moyenne d’un noir bleuté couvert de pruine. Il est sensible au vent en début de végétation, préfère une humidité sans excès, mais ne craint pas la sécheresse. La pourriture acide, comme l’oïdium, peut entamer sa résistance. Il donne des vins frais et parfumés.

Le Minustellu de Gilles Seroin à Propriano

 Minustellu 2014 Vin de Pays de l’Île de Beauté Domaine Sant Armettu

 Il nous tape tout de suite dans l’œil avec sa jolie robe violet-pourpre, puis nous comble, espiègle, par ses parfums de maquis où le fumé du cade apparaît tout de go, suivi par les senteurs de sauge, de thym et d’iode, avant de nous parler d’agrumes façon cédrat et de baies rouges à la manière de l’arbouse et de la mûre.
Bref, un concentré de Corse… En bouche, la fraîcheur étonne par sa délicatesse, sls arômes de fruits rouges et noirs, teintés d’épices orientales comme le santal et le poivre cubèbe.
Orientalisme qui transforme le cédrat en main de bouddha, l’arbouse en mangoustan.
Le tout entouré d’un taf de fumée mélangée d’embruns légèrement salé.
Le Minestellu se révèle après 2 à 3 ans de bouteille.

Une belle bouteille pour les plats d’été ensoleillé, comme les grillades accompagnées de piperade, mais aussi quelques produits de la mer comme la salade de poulpe et les linguine aux coques légèrement tomatées. En automne, les gibiers délicats comme la biche et les volailles aux champignons des bois l’accompagneront avec grâce.

www.santarmettu.com

Marc Vanhellemont

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