L’Autriche face au reste du monde

14/03/2018 - L'Austrian Wine Marketing Board nous a conviés à une dégustation originale: cinq séries de trois bouteilles mettaient aux prises huit vins autrichiens et des vins tantôt français, allemands, hongrois ou néo-zélandais. IVV vous dit tout.

Aperçu rapide de la production viticole Autrichienne

L’Autriche ne représente qu’à peine un pour cent de la production mondiale de vin. Pour autant, les producteurs y disposent d’atouts significatifs. A commencer par la diversité de l’encépagement, dont de nombreux cépages autochtones : 21 variétés  sont reconnues officiellement en blanc (la  plus connue est certainement le grüner veltliner) et 13 en rouge, les plus renommés étant le blaufränkisch, le zweigelt et le saint-laurent. Ajoutez-y le riesling, le chardonnay, le sauvignon blanc, le pinot noir, le cabernet sauvignon, le merlot…

Autres atouts: le climat continental et ses chaleurs estivales, d’une part; de beaux terroirs comme ceux de la grandiose vallée de la Wachau, du Kamptal ou du Kremstal (pour n’en citer que trois), d’autre part.

La dégustation

Les limites de ce type de dégustation comparative sont évidentes dans la mesure où l’on met face à face des vins issus de pays et de régions qui diffèrent en termes de climats, de sols, de cépage parfois et aussi de culture vigneronne. Le point commun dans toutes les séries dégustées résidait dans le millésime.

Mise en bouche

Deux bulles au démarrage : un Extra Brut de Bründelmayer et un brut premier de Roederer. Ma préférence est allée au Champagne, pour un nez plus expressif et une bouche avec plus de fond.

Série 1 : millésime 2015

Trois sauvignons, un Sancerre, un Marlborough, tous deux de la maison Henri Bourgeois, et un Ries Zieregg « GSTK » de Tement, dans la région du Südsteiermark. Ce dernier survolait pour moi la série, car il exprimait avec pureté, fond et persistance son sol calcaire. Un grand vin de terroir tout en tension et minéralité.

Série 2 : millésime 2013

Place ensuite au grüner veltliner qui couvre 31% de la surface plantée, étant ainsi le blanc le plus important d’Autriche. Deux exemplaires étaient soumis à nos palais face à un Puligny-Montrachet 1er Cru Les Combettes de Etienne Sauzay. Si celui-ci offrait droiture et minéralité, le Ried Achleiten «  Stockkultur » du domaine Prager était magnifique avec sa matière pleine et tendue à la fois, d’une fraîcheur minérale exemplaire pour un authentique vin de terroir.

Série 3: millésime 2011

La lutte fratricide se jouait ici entre trois rieslings.
Un  Alsacien, le Clos Sainte-Hune, de Trimbach, sec comme de coutume dans cette maison, donc avec un léger déficit de maturité dans une bouche minérale, mais un rien dure.
Pour suivre un Grosses Gewächs allemand du Rheingau, du domaine Weil.
Enfin, un Wachau Smaragd, le Ried Singerriedel de Hirtzberger, une certaine évolution déjà, une acidité faible dans ce millésime et une petite chaleur en finale. Peu favorisé par le millésime et ses acidités plus basses que coutume, il s’est révélé brillant par contre dans un 2013 qui nous a été proposé en plus : pêche et agrumes au nez, de la force et du fond en bouche, un rien de sucre résiduel et une finale persistante : le riesling le plus complet des quatre, à mon avis.

Série 4 : millésime 2011

Place à trois rouges de cépages différents, ce qui rend la comparaison quasi illusoire. Disons simplement que face au Corton G.C. de Bonneau du Martray, élégant, tendu, et aux notes florales subtiles, les deux vins autrichiens jouaient dans un autre registre.
Du fruit, du jus, de la séduction pour le Zweigelt de J. Schwarz.
Notes de fruits noirs légèrement macérés dans l’alcool, une touche de volatile, des tannins assez extraits pour le Blaufränkisch  Ried Mariental de E. Triebaumer.

Série 5 : millésime 2013

Trois moelleux de botrytisation terminent le parcours. Le Château Suduiraut Sauternes 2013  présente un bon équilibre sucre-acidité, sans plus.

On trouve un surcroît de pourriture noble dans Le Ruster Ausbruch Pinot cuvée de Feiler-Artinger et donc un vin plus rond, plus gras avec un sucre encore très présent à ce stade malgré l’acidité.

Le Tokaji Aszu Gold Label de Royal Tokaji, lui, offre puissance, richesse et vigueur grâce à son acidité ferme. Il écrase de son éclat les deux autres moelleux.

Que conclure de cet exercice? Que les vins autrichiens présentés ont fort bien tenu leur rang face à leurs cousins d’ailleurs, et que, sans conteste aucun, l’Austrian Wine Board Marketing a un don pour faire (re)découvrir les vins d’Autriche.

www.bruendlmayer.at
www.tement.atwww.wijnenjanrots.be
www.weingutprager.at
http://weinhofmeisterei.at
www.triebaumer.com
www.feiler-artinger.at

Bernard Arnould

Pour accéder aux autres rubriques « IVV vous fait voir du pays », cliquer ici

Un commentaire

  • HERVE LALAU says:

    J’ai fait une dégustation comparable à Vienne l’an dernier. Très éducatif. On en ressort avec une nouvelle géographie du vin.

Laisser un commentaire