La Buena Vida : notre sélection

20/11/2017 - En complément de notre article consacré aux 20 ans de la Buena Vida, il y a quelques semaines, voici une sélection de vins illustrant bien la variété de l’offre de cet importateur spécialisé dans les vins espagnols.

Choisir, c’est renoncer, il y avait sans doute bien d’autres choix possibles, mais on ne peut pas tout commenter… «es la vida».

Anima Negra AN/2 Mallorca 2015

Connaissez-vous les vins des Baléares ? Et plus spécifiquement, ceux de Majorque ? La Buena Vida, oui. C’est que depuis une vingtaine d’années, les vignerons locaux se sont réappropriés leur patrimoine de bons cépages locaux. De nouveaux domaines sont apparus, comme Anima Negra, fondé en 1994.
Cet AN/2 est en quelque sorte le second vin du domaine – en quelque sorte, car à ce niveau de raffinement, on a du mal à utiliser le terme – d’autant que le vin est élevé 13 mois en barriques. Quoi qu’il en soit, les stars de cette cuvée sont les très locaux Callet, Mantonegro et Fongoneu. Le tout cultivé sur des sols riches en fer.
Rien de noir au fond de l’âme de ce vin, mais des notes florales, de la cerise, une pointe de fumée, et une matière fine, un côté très bourguignon, n’était-ce l’abondance d’épices typiquement méditerranéennes et de poivre. Essayer ce vin c’est tomber sous son charme.

Viña Mein Tega do Sal Ribeiro 2015

Au bout du bout de l’Espagne, la Galice a longtemps été un de ses secrets viticoles les mieux gardés. Au tournant du millénaire, les albarinos des Rias Baixas ont permis de lever un peu du voile. Mais il y a encore bien des trésors à (re)découvrir dans ce Far-West espagnol. Les treixaduras de Ribeiro, par exemple. Et notamment celle de Viña Mein.
Cette cuvée, qui assemble 75% de treixadura, 20% d’albarino et 5% de loureira, est récoltée en plusieurs passes, afin de s’assurer de la bonne maturité de chaque cépage et de chaque parcelle. La récolte n’est pas égrappée, et le moût est mis à fermenter directement dans les barriques de chêne français. Puis le vin y passe encore 9 mois d’élevage. Il n’est ni filtré ni clarifié.
Sa robe est pourtant aussi limpide que brillante, légèrement dorée. Ses arômes délicats évoquent les fleurs blanches, les abricots bien mûrs, les agrumes         – ce dernier arôme se poursuit en bouche ; à noter l’acidité très bien fondue, le vif répond au gras jusqu’en finale, celle-ci étant relevée pour un soupçon d’eucalyptus. La viticulture comme la vinification sont aux mains du Comando G, dont on voit qu’il n’excelle pas que dans le grenache!

Bodegas Algueira Brandán Ribeira Sacra 2016

Un sacré Ribeira ! Nous sommes toujours en Galice, mais au bord du Sil – un peu plus au nord par rapport à Ribeiro (ne pas confondre). C’est donc toujours ce qu’il est convenu d’appeler l’Espagne atlantique, ou l’Espagne verte. La pluviométrie est élevée (900 mm dans la zone du Minho).
Les beaux arômes de pêche, de pomme, de poire et de frangipane annoncent un vin tout en finesse, et cela se confirme en bouche, sauf que celle-ci nous emmène très vite du côté d’une lande pierreuse, qu’on croirait fumante sous le soleil après la pluie; c’est à la fois ample, gras, sec et dynamique ; la finale, très longue, et délicatement aigrelette, nous ramène sur la poire, à laquelle s’ajoute une poignée d’amandes fraîches.

Laderas de Tiétar Viticultores de Gredos Madrid 2016

Nous avons dégusté ce vin dans la foulée du Godello d’Algueira, et nous avons trouvé comme une parenté – malgré les différences de couleur, de cépage et de région. Ce dénominateur commun, c’est la fraîcheur. Ce que la Ribeira Sacra devait à sa position atlantique, en matière de vivacité, ce vin de Gredos le doit à l’altitude. Rares sont les Grenaches qui font montre de tant de dynamisme. Le fruit est exubérant (surtout de la cerise et de la fraise, mais pas trop mûr). Souple en bouche, mais aussi bien charpenté, il a certainement un potentiel de garde. Mais aurons-nous envie d’attendre ?
Cette cuvée est issue du fameux Comando G, une association de copains œnologues passionnés par les vieilles vignes de grenache, même les plus difficiles d’accès.
Très bon rapport qualité-prix (9,47 euros).

Sempreviva Penedès Jané Ventura

 Sempreviva, c’est le nom catalan de l’immortelle, une plante aromatique que l’on trouve dans la garrigue. Mais littéralement, cela signifie aussi « toujours vive ». Et en effet, ce vin ne manque pas de punch ; sa belle fraîcheur étonne pour un blanc méditerranéen – il s’agit d’une Malvoisie de Sitges, mais vinifiée, non en doux, comme c’est souvent le cas à Sitges, mais en sec.
A noter, aussi, les jolies notes citronnées qui sont comme le fil rouge de ce vin depuis le premier nez jusqu’à la finale, avec une pointe de menthe. 

Terroir al limit Torroja Priorat 2015

 Elaborée en biodynamie, et à partir de grenache et de carignan du village de Torroja (une des nouvelles « vilas », ou crus du Priorat), cette cuvée est vinifiée sans adjonction de levures étrangères, puis élevée en vieux foudres.
Son joli nez de fruit rouge est renforcé en bouche par des notes de fumée et d’épices douces. C’est suave, sensuel, plutôt délicat pour une région aussi chaude.
La limite du terroir, serait-ce de savoir le laisser s’exprimer absolument, mais sans trop d’extraction, sans caricature?

Cellers del Roure Vermell Valencia 2016

Cet assemblage de Tintorera, Monastrell et Mando étonne par sa légèreté en bouche : sa teinte foncée laissait présager un vin beaucoup plus austère. Non qu’il manque de structure ; mais ses tannins sont bien lisses, sa texture fluide, le mot gouleyant vient d’emblée à la bouche, très fraîche. A noter, en finale, cependant, de très jolis épices qui nous rappellent que nous sommes près de la Méditerranée, à Valence, plus précisément. Pas d’élevage bois pour ce vin, mais un séjour en amphores – le Celler del Roure est l’heureux propriétaire d’un vrai trésor du patrimoine espagnol : des vieilles tinajas enterrées.

Toro Albala Electrico Tres Fases Fino en Rama

Un vin pour connaisseur. Le Pedro Ximenez est surtout utilisé en doux – c’est lui, souvent, qui vient édulcorer les cuvées les plus sucrées de Jerez. Mais ici, Toro Albala (une des grandes références de Montilla-Moriles), nous le propose en fino. Il y a donc un très intéressant contraste entre le nez, qui évoque le raisin de Corinthe et l’abricot, nous lançant sur la piste d’un vin passerillé, et le goût en bouche… «sec de chez Sec».
La longue finale, avec ses jolies notes de fruits secs et de curry, vaut aussi le détour…

Buena Vida, 20 ans déjà !

Hervé Lalau et Philippe Stuyck

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