Jura, nouveaux vignerons

09/04/2019 - Une pépinière qui fait plaisir à voir. En une vingtaine d’années le Jura a progressé d’une façon incroyable. Je rappelle mon premier reportage et l’accueil parfois un peu froid à l’époque, fin des années 90. Les vins de l’endroit étaient souvent considérés comme des vins à défauts, cela a bien changé, on ne peut que s’en réjouir.

Petit à petit

L’intérêt pour les AOC jurassiennes est assez récent, une poignée d’années à peine. Mais quel essor depuis ! Les cuvées trônent aujourd’hui sur les meilleures tables de France et d’ailleurs. Cette montée en image, en renommée, s’est faite de pair avec la montée en qualité de la production. Bien entendu, quelques vignerons ont toujours eu le suffrage de quelques aficionados, sommeliers ou cavistes, prescripteurs ou amateurs éclairés. Mais pour qu’une image autant qualitative qu’originale parvienne au consommateur, il faut un mouvement de fond qui comme tsunami franchisse les portes de la conscience de son existence.

Les nouveaux vignerons dans tout ça ?

Un mouvement en entraîne un autre. La passion ne remplit pas toujours l’estomac. Il faut quand on s’installe avoir plus ou moins l’assurance de pouvoir en vivre. Et c’est ce que l’appellation promettait et promet toujours. L’entité manque même de parcelles pour s’agrandir, pour autoriser un petit domaine à atteindre son rythme de croisière, pour assurer à quelqu’un qui s’installe un nombre d’hectares suffisants*. Il était toutefois plus aisé de s’établir il y a quelques années qu’actuellement, en cause le climat ! Gel plus important, sécheresse, précipitations conséquentes qui apportent leur quota de maladies, ont mis à mal le bel essor jusqu’ici enregistré. Les rendements ridiculement faibles du millésime 2017 ont mis en danger plus d’un domaine, surtout dans le sud Revermont (au sud de Lons-le-Saulnier) moins bien protégé des aléas venant du fossé bressan.

*il y a une lutte d’intérêt entre l’AOC Vins du Jura et l’AOP Comté. Les deux appellations partagent, du moins en-deçà du premier plateau jurassien, quelques hectares. Les retirer aux vaches pour y planter de la vigne ne semble pas réaliste.

N’empêche…

Les jeunes ou nouveaux (l’âge ne compte guère quand on s’installe) vignerons foisonnent, signe de la bonne santé de la viticulture du Bon Pays. N’en connaissant guère, en voici quelques-uns rencontrés.

Pont de Breux à Marnoz

Les domaines vont d’une peau de chagrin à quelques hectares, c’est selon les opportunités, la trésorerie, la passage parents enfant, … Et voici presque à coup sûr le plus petit domaine visité, celui du Pont de Breux à Marnoz. Un malheureux concours de malencontreuses circonstances.

Après un master en géographie et connaissance des terroirs, un passage au syndicat agricole à Besançon et une formation de technicien en œnologie, Émilie Gérard, issue d’une famille de céréaliers, n’a qu’une envie retrouver la terre, « je voulais faire du vin dans le Jura, je suis attachée à la région, j’ai donc cherché une exploitation d’un seul tenant, j’ai eu vent de 4 ha en bio ». Les vignes ce sont celles de Jean-Charles Maire. Il a créé le domaine en 1991 et propose d’accompagner Émilie dans son nouveau métier. Jean-Charles décède six moi plus tard. Un coup dur pour la jeune vigneronne, d’autant plus les conditions climatiques ne l’ont guère aidée. Mais elle s’accroche et livre malgré quelques belles cuvées. Savagnin 2015 au léger jaune, le nez exprime son subtil caractère oxydatif par des notes de noix verte et de foin, la bouche préfère l’amande amère, ce qui donne une fraîcheur agréable boosté par la salinité. Élevage de 18 mois sur lies et sous voile en cuve. Le Chardon pour Chardonnay à la robe blanc jaune, au nez floral qui hume l’aubépine et le tilleul, complété de fruits secs comme la noisette. Bouche onctueuse rafraîchie de gentiane et arrondie de pâte d’amande. Élevage de 12 mois en cuve.
www.pont-de-breux.com

Au large d’Arbois, le Domaine des Bottes Rouges

 « J’étais enseignant, instit, et puis au collège. Je me suis installé en 2012, mais je faisais du vin depuis 2000 en hobby. Je suis Franc-Comtois du côté de Pontarlier » raconte Jean-Baptiste Menigoz. Le domaine, situé à l’Abergement-le-Petit, au nord de Poligny, compte aujourd’hui 7,5 ha, moitié en rouge, moitié en blanc.


« J’ai débuté avec 2,5 ha, quand on commence, on prend ce qu’on trouve. Après quelques années, le parcellaire se met petit à petit en état, mon idée, c’est d’aller au plus près du cépage, du terroir et du millésime. C’est pourquoi, je préfère les grands contenants qui marquent peu et offre une grande inertie ». Mais cela n’a pas été facile pour Jean-Baptiste, l’année de son installation, c’est l’année mildiou qui met à mal sa première récolte. Depuis, les vendanges s’enchaînent, offrant certes un peu plus de rendements, mais pas de quoi crier fortune. C’est le souci du Jura, alors que la demande est croissante, la production ne suit pas. Il restait toutefois quelques bouteilles à déguster comme la cuvée tôt ou tard 2016 Arbois grenat pâle au nez fumé, une jolie trame en bouche, tendu et croquant dont le caractère épicé surprend les papilles qui attendaient du fruit. La patience se voit rapidement récompensée par un afflux de jus de griotte, de framboise et de fraise dont l’arrondi du toucher contrebalance la vivacité. De celui-là, tôt ou tard t’en boit… Un 100% Poulsard sur argile qui macère 3 semaines.
Ou encore No milk today – 2016 – Vin de France un 100% Savagnin ouillé, mais macéré pendant 13 jours. Nature, il adopte une robe dorée aux reflets cuivrés, mais légèrement trouble. Le nez hume les fleurs des champs qui s’ouvrent à l’aurore mêlées de pamplemousse rose et de fenouil. La bouche pleine et ample se rafraîchit de pommes aux séduisants accents acidulés qui offrent complexité et longueur avivée. Un vin surprenant qui nous fait dire no milk today, surtout quand il accompagne une cassolette à l’ostendaise.
lesbottesrouges@free.fr

Sud Revermont, chez Overnoy

Mais Guillaume qui est le petit neveu de Pierre. Nous voilà bien au sud de l’appellation, à Orbagna, où Guillaume Overnoy a pris la suite du domaine familial en 2014. Ses études au lycée viticole de Beaune finie, il est rentré tout de suite « j’étais pressé de rentrer dans la vie active, j’ai tellement de projets » confie Guillaume.


Il a amené les 5,5 ha de vignes en conduite biologique. Mais comme il disait plein de projets et certes de la suite dans les idées. Guillaume s’est trouvé fort dépourvu après que le gel soit venu, lui laissant à peine 20% de récolte. Et comme ce n’est pas la première fois, il a décidé, pour pouvoir perdurer, de faire de la bière. Je ne l’ai pas encore dégustée, mais vu le personnage, elle doit être aussi soignée que ses cuvées. Par contre, les vins ce fut fait. Côté rouge, Poulsard 2016 Côtes du Jura aux nuances corail parfumé de pêche de vigne, de pépins de grenade écrasés, de cerise au marasquin et d’autres fruits confits. On se dit que la bouche va manquer de fraîcheur, c’est là faire un procès bien maladroit. Le vin est droit mâtiné d’un caractère langoureux qui mêle aux tanins à peine marqués les fruits sentis, y ajoute du poivre et un soupçon de gentiane, histoire de soutenir sa vivacité. Et puis, de nous envoyer un coup de jus en final. Le Poulsard sait être génial. Côté blanc, Chardonnay Vieilles Vignes 2014 – Côtes du Jura au style typé généré par un peu plus de deux années d’élevage sous voile. Doré brillant, il mélange épices et minéral aux subtiles notes oxydatives au goût de noisette et de tilleul teintées de curry. S’ajoutent des zestes de citron et une pointe de sel bien perceptible en fin de bouche. Bel équilibre, harmonieux et finale longue.
https://www.facebook.com/domaineovernoy

Sur les hauts d’Arbois, à Pupillin 

Installés depuis 2011 à Pupillin, Adeline Houillon et Renaud Bruyère mènent en couple leurs 5 ha de vignes répartis sur Arbois, Pupillin et Montigny. Ils se sont rencontrés à l’école hôtelière de Tain l’Hermitage, ville natale de Renaud. Ce dernier a suivi Adeline dans le Jura et pendant que le premier faisait ses classes chez Stéphane Tissot, Adeline travaillait avec son frère Emmanuel Houillon au domaine éponyme, ‘ex domaine Pierre Overnoy’.

Leur idéologie les a conduits à choisir dès le début la biodynamie et le moins d’interventions possibles sur le vin, donc peu ou pas de sulfite, pas de filtration. Ils s’inscrivent dans cette mouvance qui emporte une partie du Jura, avec le souci de la perfection, le sens du détail qui amène cette subtilité particulière chère à Adeline comme à nos papilles. Cet Arbois Pupillin Ploussard 2016 en est un exemple gourmand. La robe vermillon, il hume la pêche au sirop ombrée de poudre de cacao, c’est assez surprenant, les fruits rouges viennent après, comme s’ils avaient voulu nous taquiner avant de se révéler. La bouche enchaîne sur la griotte avec noyau et queue, de la figue sèche et une feuille de tomate. Les tanins à peine perceptibles laissent la place au croquant du fruit entraîné par la fraîcheur. Bref, un vin joyeux. Égrappage à la vigne, macération semi-carbonique de 35 jours, élevage de 6 mois en cuve inox. Ploussard de Pupillin sur marnes irisées du Trias.
renaud.bruyere22@orange.fr
www.basin-marot.be  – www.terrovin.be

Entre Salins et Les Arsures, à Aiglepierre

 Au Domaine des Sarmentelles, Adrien Robbe qui a rejoint en 2013 Élisabeth et Patrick Grandmaison élaborent neuf cuvées en Côtes du jura et Arbois avec une préférence pour les rouges, « on aime faire les rouges, on affectionne particulièrement le Trousseau. Tout est passé sous bois, mais on essaie d’avoir des vins les plus naturels possibles ». Les 6,5 ha en production permettent de proposer 6 appellations jurassiennes.

Mais comme le rouge est la préférence des vignerons, voici leur Trousseau 2015 Côtes du Jura particulièrement bien réussi, à la robe rubis carmin, le nez grillé légèrement lacté, la bouche insiste sur la cerise confite parfumée de cannelle, puis nous donne un petit coup de friction tannique, histoire de bien réveiller nos papilles qui apprécient l’expérience, d’autant plus que la finale se fait toute douce et bien épicée. Dans un registre un rien différent, le Pinot Noir 2015 Côtes du Jura, la robe cardinale à l’écrasante fragrance de griotte offre une bouche maculée des jus de cerise et d’orange sanguine. La douceur des tanins se tisse de fraîcheur et prolonge notre plaisir avec constance.
Domaine des Sarmentelles

À Arbois, Domaine Ratte

 À 54 ans, Michel-Henri Ratte est un trépident jeune vigneron. Avant cela, il a travaillé pendant 15 ans chez Facom tout en ayant comme passion le vin. Passion qui le vit suivre une formation à Beaune en 1990. Il s’installe en 1997, agrandit les 7 ha de ses beaux-parents à 12 ha et continue de livrer le raisin à la Fruitière d’Arbois, passe en bio en 2010, puis en biodynamie l’année suivante, tout en continuant de se former. Mais l’envie de faire sa bouteille le titille. Il quitte la coopérative en 2014 après les vendanges. Et fait sa première vinif aidé de son épouse Françoise en 2015. Et voit avec plaisir son fils Quentin rejoindre ses parents sur les 9 ha en exploitation aujourd’hui.

Clos Maire 2016 Arbois issu de la complantation de Trousseau et de Pinot noir violet rose, au léger fumé, croquant en bouche d’autant plus qu’il conserve un rien de gaz carbonique qui accompagne la fraîcheur du fruit, fraise et framboise, parfumé de violette. Longueur épicée. Les raisins égrappés manuellement à la vigne subissent une macération semi-carbonique. Brut nature 2015 Crémant du Jura un Blanc de Blancs de Chardonnay bien sec comme il se doit, où les bulles délicates comme autant de perles se diffusent avec grâce dans l’opale de la robe. Le nez semble plein, profond avec une légère note oxydative. La bouche se rafraîchit de citron, fond devant la poire durondeau et salive d’envie pour la brioche au noisette. Jus et épices nous accompagnent longuement et apportent à cet effervescent équilibre et arrondi.
www.domaine-ratte.com

Valentin, un jeune vigneron des plus réalistes

À Poligny, Jean-Luc Morel, après une longue carrière de vigneron, a laissé, en 2014, les rênes de son vignoble de 6 ha à son fils Valentin. Ce dernier n’était pas destiné à une carrière viticole, c’est à Lyon qu’on le trouve pendant cinq ans en temps que juriste. D’où certes son éloquence et son caractère affirmé qui débouche aujourd’hui sur une prise de conscience d’écologie politique « une bouteille de vin est un acte politique ». Jean-Luc reste toutefois à la vigne, tandis que Valentin s’occupe des vinifications et du circuit commercial.

Et si déjà le père avait supprimé les désherbants depuis quinze ans, le fils lui a demandé de passer en 2015 en bio, puis à la biodynamie. D’où le changement de gamme en vins Nature et de nom, l’intégralité du domaine se proclame désormais : Les Pieds sur Terre. Vision du métier où la qualité prévaut sur la quantité, où son temps propre et son rythme priment sur la vitesse et pardessus tout, l’humanité et l’avenir en commun compte le plus. Poulsard Les Trouillots 2016 Côtes du Jura Les Pieds sur Terre, d’une jolie teinte rose améthyste, il croque les fruits rouges maintenus dans une soie tannique des plus fines. Son assise minérale en renforce la structure. Un vin de plaisir sans conteste élevé en cuve. En souvenir du père, Vin Jaune 2009 Côtes du Jura aux reflets dorés nuancés de vert, il nous offre des accents de citron qui rafraîchissent la noisette et le céleri. La bouche presque vive préfère la noix saupoudrée de curry. Savagnin délicat à la structure raffinée à la longue finale peuplée d’épices douves.
www.vinlespiedssurterre.fr
www.basin-marot.be

Chez les Baud, le renouveau fait plaisir à voir

Alain s’est félicité que ses enfants, Clémentine et Bastien, reprennent le domaine, neuvième génération depuis la création à Le Vernois en 1742 par Jean-François Baud. Bastien et sa sœur ont décidé de ne rien changer, du moins en cette première année 2015. Mais, dès la deuxième, quelques nouvelles cuvées ont vu le jour, comme L’Autre, un nouveau Savagnin ouillé, ou encore un Chardonnay élevé en cuve inox et un autre plus typé passé en barriques, …

Bastien, c’est le terrien, formé en viti-oeno. Clémentine a préféré les langues, anglais, allemand et russe (ça sert toujours) avant un BTS vins et spiritueux au lycée agricole suivi d’une licence commerciale à Strasbourg. Voilà les 24 ha de vignes bien dotés. Les étiquettes aussi ont changé, plus épurées, elles affichent Domaine Baud Génération 9, une bonne façon de marquer la succession. l’Etoile 2015, un 100% Chardonnay élevé en foudre, doré vert très lumineux, il mélange épices, fleurs et fruits. La bouche croque poire et noisette saupoudrées de poivre, la pomme douce et la groseille blanche, une nuancées de verveine, un vin très aérien. les Prémices 2015 Côtes du Jura, un 100% Chardonnay en barriques, ample et dense aux notes de gelée de rhubarbe et de cédrat confit ombrés de poivre noir offre caractère affirmé et structure, un vin terrien
www.domainebaud.fr
www.lesverresbavards.behttp://lesvinsdemarc.be

Au Vernois itou, Vincent Richard

 Ce qui a commença en 1919 par un domaine en polyculture acheté par Xavier Richard fut développé par Pierre Richard (l’un des petits fils) en 1976 en un domaine viticole de 9 ha. En 2009, c’est Vincent, après des études à Beaune, un poste de directeur technique dans le sud, qui reprend la propriété. Tout y respire la continuité, la tradition et la qualité avérée.

Vincent sait que malgré son enracinement familial au sein d’une région le contexte demande de miser sur l’export (40% du volume) grâce à des vins qui peuvent se consommer d’emblée.  « L’essence de notre travail est de s’assurer de la qualité raisin dans le respect de notre outil le plus important : le terroir, la nature ». Crémant du Jura 2010 Domaine Pierre Richard fait de Chardonnay qui poussent dans des marnes grises et bleues. Les fines bulles agitent l’or de la robe et offrent à chaque éclat des parfums de tarte aux pommes et de foin. Viennent ensuite les saveurs de pomme au four, de raisin sec et de coing. Une délicate note amère clôture la finale minérale avec élégance. 48 mois sur lattes.
Confidence 2015 Côtes du Jura seul Trousseau issu de vignes de 35 ans et vinifié en inox. Robe rubis sanguin au nez plein de fruits, fraise, framboise, myrtille et un rien de griotte à liqueur. Bouche juteuse et charnue aux tanins soyeux. Un vin généreux à l’élégante finale légèrement pointue. www.domainepierrerichard.com

Tony Bornard à Pupillin

Tony, on l’a raté à Pupillin, malheureux concours de circonstances. Alors, nous l’avons dégusté, du moins l’un de ses vins, au restaurant La Balance à Arbois. Un vin fringant tout en fruit et en allégresse, sa cuvée Le Chardo Gai Vin de France la bien nommée nous a comblé.

Tony a débuté son expérience viticole chez son père, l’emblématique Philippe Bornard. Puis, il a suivi des études viticoles en Bourgogne pour partir ensuite autour du monde, histoire d’élargir son expérience, avant de rentrer à Pupillin auprès de son père, du moins dans un premier temps. Aujourd’hui, il partage son temps entre le domaine paternel et les quelques vignes qu’il vinifie pour lui.
bornard.philippe@akeonet.com

Une reprise réussie, Domaine des Bélemnites à Mesnay 

Il y a quelques années, Christian et Nathalie ont dit adieu à la vie trépidante de la ville pour céder à leurs passions, le vin et le Jura. Ils reprirent en 2015 le Domaine Joël Boilley à Mantry et le rebaptisèrent Domaine des Bélemnites, tout simplement parce qu’on trouve facilement les fossiles des céphalopodes du Jurassiques un peu partout dans le vignoble. Ce retour aux sources comme le dit Christian lui a permis de retrouver un contact privilégié tant avec les gens qu’avec la nature. Le domaine s’étend sur 8,5 ha et propose une dizaine de cuvées au tarif.

Savagnin Naturé 2016 Côtes du Jura blanc vert, fleuri aux accents de citron vert, de menthe et de guimauve. Le minéral gratouille les papilles. La fraîcheur met en évidence les arômes d’aubépine et de pois de senteur, retrouve le citron, ajoute la noisette. Une légère ligne amère renforce son caractère. Vendanges manuelles, fermentation en cuve, ouillé et élevé 12 mois en fût de 228 litres environ.
Trousseau-Pinot 2015 Côtes du Jura Rubis grenat, cerise fumée du Pinot et fraise poivrée du Trousseau, voilà les acteurs de l’assemblage. Les tanins fins et bien mûrs encadrent le mélange fruits épices, nuancé de rose, de violette et de pivoine. Leurs pétales délicats parfument avec grâce l’architecture raffinée du duo.
Égrappé et cuvé 3 semaines avec des remontages pour éviter le dessèchement du chapeau et favoriser l’extraction. Passage en cuve pour arrondir les tanins et lui donner toute sa finesse.
http://domaine-belemnites.com

Borris Frachet à Maynal et la Maison du Vigneron 


Florian Frachet après plus de trente années dans les vignes comptait bien prendre sa retraite en 2017, d’autant plus qu’aucun successeur n’était intéressé. C’était sans compter son fils Boris… Mais comment savoir. Boris n’avait jamais vraiment montré un quelconque intérêt pour le travail de son père et avait préféré l’électricité. Jusqu’au moment où une envie forte de retrouver la terre, les vignes, soit devenu une évidence. Mais seulement la vigne, pas la cave. Comme Florian avait toujours cédé une partie de sa vendange au négoce, la non envie de vinifier fut rapidement résolue. C’est la Maison du Vigneron qui le fera. Peut-être qu’après quelques temps et quelques vendanges, l’envie de demander à son père comment vinifier viendra, en attendant, l’accord passé est une autre façon de pérenniser la propriété familiale.
florian.frachet@wanadoo.fr
https://fr.maisonduvigneron.com/

Marc Vanhellemont et Johan De Groef

Dossiers IVV, cliquer ici 

Un commentaire

  • Gonet says:

    Bel article, comme toujours !
    Amitiés
    Ph

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