Hecht & Bannier : honneur à la France méridionale

15/03/2016 - La maison Hecht & Bannier ne possède pas de vignoble, les deux lascars qui l’ont créé, il y a de cela 15 ans, ont directement choisi de s’investir dans la profession de négociant-éleveur, dans le sens le plus noble et artisanal du métier. Leur terrain d’investigation épouse une grande partie de la France méridionale ; ainsi le tandem sillonne sans cesse le Languedoc, le Roussillon et la Provence en quête des bons jus qu’ils assemblent dans le but d’offrir des cuvées de caractère, lesquelles correspondent à leurs partis-pris.

Leur source d’approvisionnement est variée ; qu’ils s’agissent de caves coopératives, de jeunes vignerons ou de domaines réputés, il y a chaque fois une intention précise derrière chacun des lots retenus. Gregory Hecht connaît bien le travail de sélectionneur, c’est lui qui,  pendant plusieurs années, fut l’acheteur du groupe Flo, un  des plus importants en France dans le monde de la restauration. Quant à François Bannier, il fit ses armes en Champagne  (Veuve Clicquot et Charles Heidsieck), région viticole où l’on sait ce que signifie l’assemblage.

Les maîtres mots

Avec Hecht & Bannier, dès le départ, le but ne fut pas de faire du volume, bien au contraire ; encore aujourd’hui bon nombre de leurs étiquettes se décline en petite quantité. La passion qui les anime se résume en trois mots et autant d’étapes : sélection, assemblage et élevage. Leur manière de travailler permet une grande liberté ; pour chaque millésime, ils composent la palette des cépages et leurs provenances, au gré de leurs multiples dégustations dans chaque vignoble. Bien sûr, avec le temps ils ont pu identifier les secteurs et les vignerons les plus méritants, de sorte qu’aujourd’hui leurs approvisionnements proviennent environ à 80%   des mêmes fidèles partenaires. Ceci ne les empêche pas de poursuivre leur travail de prospection dans tout l’arc méditerranéen (français) en vue de commercialiser d’autres étiquettes représentatives des meilleurs terroirs.

Exercice pratique

Pour passer de la théorie à la pratique, nous avons retenu une des plus belles bouteilles présentées par Hecht & Bannier, il s’agit du Bandol 2011. Comme pour les autres crus de la maison, l’assemblage de cette cuvée est constitué de plusieurs parcelles décimées dans l’appellation. Ici, les jus du réputé Chemin de l’Argile, à la Cadière d’Azur, rencontrent ceux autour de Saint Cyr, constitués d’éboulis calcaires ; s’ajoutent à ceux-ci des vins de Sainte Anne d’Evenos, zone réputée la plus froide de l’appellation ; ils participeront à la fraîcheur finale de l’assemblage. A Bandol, le mourvèdre est roi, c’est donc lui qui occupe la plus large part ; il consent à fréquenter de jolis grenaches retenus pour le caractère affriolant de leur chair, ainsi que de très vieux cinsault qui revendiquent la petite note magique du fruit « caché derrière ». Comme Hecht & Bannier considèrent que l’élevage constitue le cœur de leur démarche, ils accueillent très tôt les vins dans leur chai. La durée de cet élevage est importante, le plus souvent cela représente un travail de deux années. Les grands formats sont systématiquement favorisés, pour ce Bandol, c’est 20 mois de foudre (pour une oxygénation en douceur) et 6 mois de cuve béton après assemblage.

dsc1971copier1

On parle, on parle mais tout ça donne soif…

bteillebandol2011hd1La robe soutenue affiche une teinte de sang de pigeon. Sans crier « pull »,  le nez exprime son caractère sauvage ; sur un fond de cuir, des notes giboyeuses et sanguines nous prennent d’assaut  et quelques épices (cannelle et girofle)  nous canardent gentiment. L’impression qui se dégage de ce premier contact est forte et laisse augurer une bouche dense, de même acabit. L’attaque puissante le confirme, une matière tannique de grande « mâlitude » (sur l’échelle de riche terre) nous prend d’assaut ; de la besace s’échappent des effluves de gibier et de tabac; suivent des fumées de réglisse et de cade, lesquelles  nous poursuivent jusqu’en rétro-olfaction. Petite précision tout de même : pour jouir de la version « 3D » et réveiller le grizzli tapi au fond des bois, il est impératif de carafer vigoureusement l’animal. Une fois « boosté » par ce coup d’oxygène, il ne vous lâchera plus jusqu’au générique ; présentez-lui une belle pièce de bœuf bien maturée, ce sera le carnage orgasmique assuré ! Voilà un Bandol racé, sans concession, comme on les aime. De plus, au vue de sa constitution, on peut encore miser sur une garde d’au moins cinq à six ans.

Info de dernière minute 

H&B Languedoc Vieilles Vignes Rouge1Notre Delhaize national vient d’accueillir sur ses rayons une sympathique cuvée de la maison HECHT & BANNIER, il s’agit du Languedoc « vieilles vignes » 2014 (et en bio s’il vous plaît). Cette cuvée fait la part belle à la syrah (assez racoleuse) accompagnée de l’incontournable grenache et d’un tout petit peu de carignan (pour son joli punch bagarreur). A 6,29 euros, on peut assurément ranger ce flacon  dans la catégorie des vins de bon rapport qualité/prix/plaisir.
http://hechtbannier.com
www.phildanstacave.bewww.conseildelicatesses.be –  www.huismanendonckx.be –  www.huisvandesmaak.be –  www.wineandgifts.bewww.lavolnaysienne.bewww.vivelevin.be

Daniel Marcil dan

Pour accéder aux autres rubriques « IVV vous fait voir du pays », cliquer ici

Laisser un commentaire