From Ethiopia with love… and wine

23/04/2019 - Cela fait des années que nous suivons la belle carrière de Richard Auther, d’Alsace en Provence et retour. Il nous envoie quelques nouvelles de son nouveau vignoble d’adoption: l’Ethiopie!

Richard travaille en effet pour Awash Wine, une compagnie née dans l’entre-deux guerres autour d’une activité traditionnelle dans ce pays, l’élaboration du vin à partir de raisins secs. Cette technique ancestrale permettait de faire du vin à volonté à l’époque où sa conservation était mal maîtrisée.

Pour rappel, l’Ethiopie compte une forte et très ancienne communauté de Chrétiens orthodoxes qui, dans leur liturgie, utilisent le vin.

Quand volcanique rime avec tropique

En 2013, Awash Wine, qui venait d’être privatisée après des années de gestion étatique (un des investisseurs n’est autre que le rockeur Bob Geldof) a acheté quelque 500 hectares de terres à Merti Jeju, dans la région de l’Upper Awash.

L’encépagement comprend une assez large palette de variétés européennes allant de la Petite Syrah au Chenin en passant par la Barbera ou le Nebbiolo, sans oublier une variété éthiopienne, la Dodoma). Ces vignes sont cultivées à 1.300 mètres d’altitude, sur un terroir volcanique. La combinaison de l’altitude et la proximité de l’équateur donne un climat comparable au climat méditerranéen durant les années très chaudes. Sous ces latitudes, la vigne a deux cycles végétatifs ; de ce fait, il y a une récolte en décembre-janvier et une récolte en juin-juillet.

Richard a pris la responsabilité de la ferme agricole qui compte aujourd’hui quelques 200 hectares de vignes, 120 hectares de maïs, des pois et de l’orge pour la bière. Jusqu’à présent, les raisins sont vinifiés à Addis Abeba, mais il est prévu de construire une cave proche du vignoble. Pour faire tourner cette exploitation, quelque 600 personnes sont employées.

Altitude et pédologie

Mais laissons Richard expliquer son implication:
«Ma première mission était de produire une gamme de vins de raisins secs avec une qualité maîtrisée et constante.
Aujourd’hui, mon principal défi est de produire des raisins de qualité en limitant les intrants. Awash développe une gamme de cuvées parcellaires afin de définir les différentes zones qualitatives de l’exploitation. Ce travail passionnant a pour objectif final de faire un vin avec un goût éthiopien. Nous voulons mettre dans la bouteille ce terroir particulier.
Nous sommes dans une zone ou l’activité volcanique a été intense, il y a quelques millions d’années. La roche mère volcanique est recouverte par des sédiments calcaires. Les coupes dans le sol laissent apparaître une terre noire riche en lombrics et en matière organique. L’horizon supérieur fait 80 centimètres d’épaisseur, ce qui est totalement hors du commun.
On pourrait penser que ce plateau situé à 1.300 mètres d’altitude est homogène, mais il y a de grosses variations; ce qui s’explique par la présence de cailloux plus ou moins grossiers qui modifient la dynamique de l’eau dans le sol. Les zones les plus qualitatives sont situées en piémont avec une légère pente. Nous sommes en train de réaliser une carte pédologique pour définir les zones qualitatives.
On constate aussi une assez grande variabilité en termes de volume de production, d’une année et d’une saison sur l’autre.
A titre d’exemple, entre décembre 2018 et janvier 2019, nous avons produit 10.500 hectolitres de vin. Ce millésime est atypique en termes de quantité, généralement la récolte de décembre et janvier représente environ 8.000 hectolitres».

Le vin, facteur de développement local

Voilà pour l’aspect viticole et œnologique. Mais comme l’explique Richard, l’autre volet de son travail est d’ordre humain: «L’entreprise a sous sa responsabilité deux villages. Nous avons apporté l’eau potable à plusieurs villages, nous avons construit une garderie. Il y a quelques mois, nous avons construit une clinique, nous sommes sur le point de finaliser un système d’irrigation qui permettra d’arroser 80 hectares de terres appartenant à différentes communautés.
L’enjeu n’est pas seulement de produire le meilleur vin possible dans cet endroit, mais aussi de donner une chance aux habitants de cette région d’accéder à une vie meilleure. Pour une fin de carrière, c’est chouette. Je suis allé en Ethiopie pour partager mes 40 ans d’expériences. Je reviendrai certainement enrichi par cette aventure humaine».

www.awashwines.com

 Philippe Stuyck et Hervé Lalau

 

Un commentaire

  • Richard Auther says:

    Philippe,
    Je ne sais quoi te dire.
    C’est un superbe cadeau que tu fais a ce pays magnifique…
    Richard Auther

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