Fitou, une nouvelle ambition 

14/08/2017 - Difficile d’échapper au slogan : « Fitou, première AOC du Languedoc ».
Et c’est vrai : Fitou a reçu cette consécration en 1948, soit plus de 25 ans avant sa grande voisine Corbières.
Son histoire est beaucoup plus ancienne encore. Mais quid de son actualité ?
IVV vous dit tout.

Comme ailleurs sur le pourtour de la Méditerranée, le développement de la vigne se fait ici dès l’Antiquité, avec les Grecs, puis les Romains. Ceux-ci ont été appelés en renfort par les Massaliotes au 2ème siècle avant JC… et sont restés. Le nom de Fitou (Fictorium, ou Fitosium) semble lié à la Via Domitia, qui va de Rome en Espagne : il signifie » borne ».

20 siècles en résumé…

La viticulture romaine était surtout active sur la zone côtière, pour des raisons de facilité de transport. Elle prospère à partir de la destruction du vignoble de Falerne, lors de l’éruption du Vésuve – le malheur des uns…
Après une grande éclipse, de la chute de l’Empire romain jusqu’au 10es, la vigne semble revenir en force, comme en témoigne le toponyme de Torreilles (petites tours, moulins). Mais à partir du 14es, c’est plutôt la partie intérieure du vignoble qui se développe, car dans la partie littorale, la vigne est mise en concurrence avec d’autre cultures. Voilà qui annonce déjà la dualité du Fitou, consacrée en 1948 : une appellation, deux aires de production.
Mais n’anticipons pas. Après la forte expansion du vignoble due à l’arrivée du chemin de fer, la seconde moitié du 19es est nettement moins favorable : phylloxéra, vins frelatés et guerres mondiales le font fortement régresser. Faute d’identité, certains vins de Fitou sont envoyés chez Byrrh pour entrer dans la composition d’apéritifs ; d’autres sont expédiées, à Sète, à Frontignan ou à Bordeaux. Il ne s’agit pas que de rouges, mais aussi de Muscat et Grenache, qui ne s’appellent pas encore « de Rivesaltes ».

Le décret de 1948

Un «Comité de Défense des Vins du Fitou» se constitue dès 1935, qui réclame l’appellation d’origine. La guerre ralentit les travaux. Après la Libération, une commission spéciale de l’INAO, avec à sa tête Pierre Le Roy de Boiseaumarié, vient constater que les «usages locaux, loyaux, et constants» sont respectés pour la production des vins rouges du Fitou ; cependant, essentiellement pour des raisons de politique locale et d’historique viticole, quelques communes situées autour d’Embres-et-Castelmaure ne souhaitent pas faire partie du nouveau cru.
Aussi, c’est sans elles que l’appellation Fitou est instituée par l’INAO le 24 avril 1948 – et en deux secteurs : 5 communes du côté littoral, 4 du côté intérieur.
Ce n’est donc pas l’unicité d’un terroir ou d’un type de sol qui a été reconnue, mais plutôt l’ancienneté dans la qualité de vins issus de terroirs variés, facteur de complexité.
De vins de rendements naturellement faibles, qui n’ont rien à voir avec ceux observés dans la plaine – d’où la mise en avant du Carignan, qui, à Fitou, n’est pas rangé, comme ailleurs, aux oubliettes de l’histoire productiviste.
On notera qu’à l’époque, l’encépagement ne comprenait pas encore la Syrah : ce cépage dit améliorateur n’a pu être introduit qu’en 1977, et encore, à titre « accessoire ». Et ce n’est qu’en 1987 qu’elle rejoint la liste des cépages principaux de l’appellation Fitou.
Le décret de 1948, lui, indiquait ceci : «Cépages principaux dont la proportion doit être au minimum de 75 p. 100 : carignan et grenache. Cépages accessoires dont la proportion doit être au maximum de 25 p. 100 : cinsaut, terret noir, malvoisie, macabeu, muscat et picpoul ».

Sans tomber dans le passéisme, nous avons rencontré bon nombre de vignerons à Fitou qui constatent que la Syrah, primo, n’est pas très adaptée à la climatologie de Fitou (rappelons qu’il s’agit au départ d’un cépage des Côtes du Rhône… septentrionales !) et secundo, qu’elle standardise les cuvées quand elle domine trop l’assemblage.
A l’inverse, le Lladoner Pelut (une variante de Grenache), qui ne peut plus être planté depuis 2001, garde ses partisans.
De même, certains vignerons, et pas des moins habiles, défendent l’idée de cuvées 100% Carignan (ce qui n’est toujours pas autorisé actuellement).

Deux terroirs ?
Non, beaucoup plus !

On l’a vu, la zone « littorale » et la zone « montagne » de l’aire du Fitou ont été séparées par la petite histoire locale ; elles le sont aussi, physiquement, par un plateau calcaire.

  • Côté Est, autour du village de Fitou et jusqu’à la mer, l’altitude moyenne est de 50 mètres. Ici, le vignoble pousse sur des sols peu profonds et caillouteux, le sous-sol (qui affleure par endroits) se compose de calcaires durs.
  • Côté Ouest, autour de Tuchan et de Durban, le vignoble s’étage entre 170 et 300 m – nous sommes au pied du mont Tauch, qui culmine à 917 mètres. Appartenant au massif des Corbières, cette zone intérieure présente surtout des sols de schistes et de calcaires gréseux. Ajoutons-y les zones de galets roulés, troisième grand terroir du Fitou.

Autre différence marquée : l’influence des entrées maritimes, qui se fait beaucoup plus sentir à l’Est. Fitou reste cependant un des vignobles les plus secs de France.

Mais répartir l’appellation en deux zones, c’est simplifier à outrance : en tout, pas moins de 22 types de sols et 25 sous-zones pédo-climatiques ont été identifiés.
Tout l’enjeu, pour les viticulteurs, est de savoir choisir le cépage le mieux adapté à chaque parcelle, parmi les 4 autorisés par l’appellation. Le Carignan et le Grenache seront en général privilégiés sur les coteaux les plus secs, la Syrah étant plutôt réservée aux sols plus profonds, moins sensibles à la sécheresse, et le Mourvèdre, aux secteurs chauds mais pas trop éloignés de la mer.

Les deux grands dénominateurs communs à tout le territoire du Fitou sont l’ensoleillement (plus de 300 jours par an) et le vent : la tramontane souffle en moyenne un jour sur quatre, ce qui contribue à modérer quelque peu la chaleur féroce des journées d’été.

Et les vins ?

La sélection ci-après démontre que les Fitou ont de quoi intéresser l’œnophile.
Bonne nouvelle : l’ excès de macération, de surmaturité et de boisé, recule, le fruit est de retour, la fraîcheur du Carignan et la souplesse du Grenache trouvent un nouvel équilibre ; les tanins sont mieux intégrés, les vins plus juteux.
Sans nul doute, c’est là le résultat de nombreux facteurs : meilleure maîtrise des maturités phénoliques, contrôle des températures, vinifications parcellaires. La génération arrivée aux commandes des domaines ces dix dernières années a les moyens d’une nouvelle ambition.
Encore quelques efforts, un peu plus de précision, d’exigence, et Fitou trouvera son statut (encore officieux) de grand cru des Corbières…

Notre sélection

Fitou 2015 Château Champ des Sœurs Laurent Maynadier

Rubis pourpre, il offre un nez épicé de cumin et de graine de coriandre avant de nous flatter de quelques baies sombres aux accents de cassis et de mûre. La bouche hésite entre puissance et élégance, mais nous charme par la fraîcheur de son discours fruité où les baies senties s’emballent dans la soie fine des tanins. Un vin qui se révèle juteux et gourmand.
Assemblage de 50% de Grenache, 40% de Carignan et 10% de Syrah. Elevage cuve inox.

La Tina 2015 Fitou Château Champ des Soeurs Laurent Maynadier

Grenat violacé, nez de fraises écrasées mélangées d’olives noires et de lavande, un curieux cocktail certes, mais loin d’être déplaisant. La bouche change de registre et se pare de violette, dans un premier temps ; puis déroule ses tanins encore marqués pour agacer nos papilles amusées. Cela les rend plus sensibles aux arômes de prunelle, d’arbouse, de figue, de grenade, sans oublier le poivre.
Assemblage de 75 % de Carignan, 15 % de Grenache et 10 % de Mourvèdre. Grenache et Mourvèdre vinifiés et élevés en cuve inox, le Carignan vinifié et élevé 12 mois en cuve bois tronconique.

Château Champ des Sœurs

Laurent Maynadier a beau être de vieille souche fitounaise – il représente la 13ème génération d’une famille de vignerons qui a beaucoup œuvré pour la reconnaissance de l’appellation, et viscéralement attaché à ses terroirs, c’est un aventurier dans l’âme. Ce goût ne l’entraîne pas au bout du monde, non, mais à la découverte de vignes oubliées, ou de méthodes innovantes.

Ainsi, au Champ des Sœurs, avec son épouse Marie, il s’intéresse aux méthodes d’élevage des vins selon les conditions de pression et le type de bouchage, en immergeant certaines cuvées dans l’étang de Leucate ou dans les lacs d’Auvergne. Il étudie de près l’influence des longues macérations sur l’intégration des tannins des vins. Et dose ses élevages au millimètre. Même ses échecs sont autant de moyens de progresser.
Les vins du Champ des Sœurs sont pleins d’épices, pleins de sève, pleins de Fitou !
www.champdessoeurs.fr/le-domaine
www.divo.ch –  www.okhuysen.nl

Cuvée Privilège 2015 Fitou Domaine de la Rochelierre

 Grenat noir, il enchâsse dans un étui de chêne ses pâtes de fruits qu’il épice ensuite de poivre blanc et de muscade. La bouche acidulée oublie l’élevage et se consacre tout entière aux groseilles, mûres et framboises qui composent sa corbeille. La trame tannique s’étend comme un velum sur la fraîcheur fruitée.
Assemblage de 30% de Carignan, de 30% de Grenache, de 25% de Mourvèdre et de 20% de Syrah. Élevé 11 mois en barriques dont 1/3 de neuves.

Domaine de la Rochelierre 

Si vous cherchez le domaine au centre du village de Fitou, vous ne le trouverez plus. Jean-Marie Fabre et son épouse Émilie ont inauguré leur nouveau chai, situé près de la Catalane, en 2016. Cave des plus actuelles, elle offre plus de commodités à la fois pour la vinification et pour l’élevage. Il fallait mieux répondre aux possibilités qu’offrent les 15 ha disséminés en 13 parcelles, soit 13 terroirs différents, dont les sols vont des calcaires aux schistes, en passant par les galets roulés, sans oublier les orientations, les pentes.

Un facteur commun cependant, la culture selon la méthode Cousinié (www.cousinie.com) qui consiste à n’utiliser que des matières organiques et minérales afin de rester centré sur « le respect du vivant ».  Leurs vins, tout autant que leur discours enthousiaste, démontrent que Fitou a non seulement sa place dans le Gotha des vins du Languedoc, mais bien au-delà.
http://domainedelarochelierre.com
www.privinliege.be

Angels 2015 Fitou Domaine du Grand Guilhem

Rubis cramoisi, le nez se macule de fruits noirs un peu sauvages, soulignés de traits de réglisse et de gentiane. Son parfum floral rappelle le jasmin et la violette et lui donne un air espiègle. La bouche savoureuse croque à pleines dents dans le charnu du fruit à la chair tendre et juteuse. Les tanins fins n’offrent aucune entrave à notre plaisir gustatif.
Assemblage de 80% de Carignan et 20% de Grenache. Élevé en barriques.
www.grandguilhem.fr
http://toutestvin.comhttps://oenologic.bewww.alpinbern.chhttp://pieksman.nl

Fitou 2015 Domaine Sarrat D’En Sol Nicolas Brassou

Rubis violacé, le nez entame ses fragrances avec de l’anis et de la réglisse, puis poursuit avec un bouquet de sauge et de thym avant de céder aux fruits rouges. La bouche est friande. Les tanins fins, juteux, épicés, la texture onctueuse, la fraîcheur bien intégrée, la longueur, nous disent : « ceci est une gourmandise ».
Assemblage de Carignan, Grenache et Syrah.

Domaine Sarrat D’En Sol 

Le plus petit domaine, il ne compte que 5 ha. C’est l’un des plus récents aussi, Nicolas Brassou l’a créé il y a deux ans après avoir quitté sa voisine, la Cave du Mont-Tauch (du moins en partie, car il y livre encore des raisins). Une envie de faire son vin, d’exploiter au mieux ses quelques parcelles qui escaladent les schistes du Mont Tauch ou cette Syrah plantée à 400 m ou encore les vieux Carignan qui entoure la propriété. Nicolas s’inscrit dans cette nouvelle approche du Fitou, nouvelle philosophie identitaire, une prise de conscience tout à son honneur.

Cuvée Exception 2015 Fitou Château de Cascastel

Rubis pourpre, il respire à plein nez le pistachier térébinthe, le cade et l’arbousier, bref, il nous emporte d’emblée dans la garrigue. Il nous propose également quelques fruits rouges et noirs rafraîchis de menthe. La bouche nous fait le chemin à l’envers et nous offre en adieu un sachet soyeux de pâtes de fraise, de framboise et de mûre, relevées de poivre noir.
Assemblage de 50% de Carignan, 35% de Grenache et 15% de Syrah.

Les Maîtres Vignerons de Cascastel

A une bonne vingtaine de kilomètres de la mer, mais déjà bien ancrée dans les Corbières, la Cave s’entoure de ses parcelles qui escaladent les coteaux jusqu’à 300 mètres d’altitude. La Cave regroupe la production de quatre villages, Cascastel, Fraïsse, Saint-Jean-de-Barrou et Villesèque, mais reste relativement petite avec sa cinquantaine d’adhérents. C’est peut-être cela qui la rend dynamique, et la pousse à se frotter aux productions d’autres caves durant les foires aux vins qu’elle affectionne tout particulièrement.


Ses atouts : son environnement et son capital humain. Comme le souligne Marc Guinebault, le directeur commercial « à Cascastel, la coopérative a trouvé le meilleur des mondes : des vignerons impliqués, un outil performant et une équipe dynamique.». La visiter, c’est s’en rendre compte. Mais ce qui frappe le plus, c’est le territoire alentour, un écrin de nature sauvage, préservée.
www.vin-cascastel.com 
Colruyt

Les Mégalithes 2015 Fitou Domaine Bertrand-Berger

Rubis violet, il a le nez iodé mélangé du fumé du cade, une alliance mer-terre originale qui relève la pertinence des fruits. Ces derniers sont noirs, cassis, mûre, myrtille qui donnent un caractère affirmé au vin, comme ses tanins serrés, encore un rien hérissés, histoire de signer de leur griffe tout ce qui vient à leur portée. Les épices, poivre, cumin, cardamome renforcent encore cette austérité qui nous fascine et nous plaît.
Assemblage de Carignan et de Grenache de 90 ans. Elevage de 18 mois en cuve.

Domaine Bertrand-Bergé à Paziols 

L’incontournable… voilà des années que Jérôme Bertrand et son épouse Sabine nous démontrent que l’appellation Fitou est digne d’intérêt, que son potentiel reste énorme, même chez eux. Et cela tant au niveau des terroirs que du développement oenotouristique. Depuis la reprise du domaine familial en 1993, pas une année ne s’est déroulée sans expérimentation, tant à la vigne qu’au chai.

L’objectif comme le rapporte Jérôme : « Nous nous attachons à ce que la vigne se sente bien dans son environnement, persuadés que pour obtenir la quintessence d’un terroir, elle doit être bien travaillée et s’épanouir naturellement dans un beau paysage ». Démarche qui a fait passer les 36 ha en conduite biologique en 2011. La gamme des vins du domaine Bertrand-Bergé est un échantillon bien représentatif de cette identité Fitou qui est en train de se mettre en place après quelques longues années de recherche et d’hésitation.
www.bertrand-berge.com
https://lechemindesvignes.bewww.maisondesvinsfins.bewww.wine-not.bewww.cavesdomaines.bewww.ambrosius.bewww.auxcoteaux.be

L’Estacade 2015 Fitou Château de Valfaurès

Grenat carminé, le nez cassis et myrtille, poivre et réglisse, minéral et un rien brûlé. La bouche à la fois douce et vive chamboule les papilles en dansant une farandole fruitée, encouragée par les épices, guidée par les tanins qu’on croyait sages. Puis tout s’apaise et laisse nos sens apprécier la pureté du fruit.
Assemblage de 30% de Carignan, de 30% de Grenache et de 40% de Syrah. Élevage en barriques.
www.chateau-valfaures.com

Gabrielle 2014 Fitou Château de Nouvelles

Grenat cramoisi, nez de cerises au marasquin et de biscuit sablé nappé de gelée de framboise et de mûre. Quelques épices et plantes aromatiques viennent compléter le bouquet. La suavité de la bouche surprend agréablement, les tanins tout veloutés offrent un plaisir buccal sans retenue, peuplé de gelées de fruits rouges et noirs bien épicées. Puis, il y a cette amertume racée qui renforce la fraîcheur délicate.
Assemblage de 50% de Carignan, de 30% de Grenache et de 10% de Syrah. Élevage de 12 mois en barriques 1/3 neuves, 1 et 2 vins pour 40% du volume, le solde en cuve.
www.chateaudenouvelles.fr

Anthocyane 2014 Fitou Mas des Caprices 

Grenat foncé, le nez prend la forme d’une cerise confite, puis d’une figue sèche, poudrées de safran et de cardamome. La bouche bien fraîche met en évidence les fruits sentis et leur ajoute une fraise noire volumineuse à la chair juteuse grattée par le grain bien perceptible des tanins. C’est croquant et gourmand.
Assemblage de Mourvèdre, de Carignan et de Grenache. Élevage de 16 mois en barriques.

Mas des Caprices 

Rejetons de grandes familles de vignerons alsaciens, Mireille et Pierre Mann, après un passage par la restauration dans leur région, décident de s’installer à Leucate en 2005. L’appel de la terre – et de la mer – devenait trop fort ! L’appellation Fitou leur sembla taillée à leur mesure. Un plateau calcaire, la proximité de la mer, des cépages à découvrir, il y avait pourtant de quoi faire. Le travail ne manquait pas et ne manque toujours pas, mais la récompense est là, les vins sont de plus en plus appréciés et le couple s’est pris définitivement d’amour pour ce bout de terre souvent ingrat. Vent et sécheresse ne les empêchent guère d’innover, ni de s’amuser, comme en témoignent les noms de leurs cuvées : Blanc de l’œuf – issu d’un œuf, Ozé – le rosé, RAS pour Rouge à Siroter, Anthocyane pour un Fitou bien coloré…


Le domaine compte 14 ha aux parcelles disséminées en grande partie sur le plateau calcaire de Leucate, plus quelques arpents sur les schistes de l’appellation. L’ensemble est conduit en agriculture biologique depuis 2009, après avoir quitté la cave de Leucate.
https://mas-des-caprices.com
www.biobelvin.com  – www.proefdepassie.bewww.titulus.bewww.vin-etc.bewww.amisduchateau.chhttps://icarius.nl

Cave du Mont Tauch, Château de Ségure 2014

65% de Carignan et 35% de Syrah ont contribué à cette cuvée au nez séduisant de fruit noir, bien mûr, et à la bouche marquée par des notes de réglisse et de menthol ; le bois apporte un délicieux fondant, quelques notes de café torréfié, mais ne domine pas.
80.000 bouteilles.

La Cave se rebiffe

La Cave du Mont-Tauch a connu hélas quelques déboires en matière de gestion.
Il semble qu’elle remonte la pente – notamment grâce un contrat avec le groupe Grands Chais de France, qui a pris en mains l’export de la cave. Avec ses 130 adhérents et ses 1.360 ha, elle représente environ 40% de la production de Fitou (mais elle produit également du Corbières, du Rivesaltes et des IGP).


Mais qu’en est-il des vins eux-mêmes ? Quelques dégustations, au fil des années 2000, ne nous avaient pas laissé un souvenir impérissable. Mais de ce côté-là, aussi, les choses ont évolué dans le bon sens…
Fini, les cuvées barriquées, aujourd’hui, au Mont-Tauch, il y a une vie en-deçà de la planche, comme le prouvent le Château de Ségure 2014, ou encore le Montmal 2013…
http://mont-tauch.fr
www.leclosdurenard.com

Fitou en chiffres

  •  300 hectares déclarés
  • 215 producteurs
  • 3 caves coopératives et 35 caves particulières

Rendement moyen : 32 hectolitres/hectare
Production moyenne : 75 000 hl

  • Export : 40%
  • France : 60% (dont 55% GD, 27% CHR / vente directe)
  • 30 points de vente sur le territoire de production.

 

 

Château Les Fenals 

Marion Fontanel a pris les rênes de ce domaine familial en 2004, succédant à sa mère Colette. Il faut s’accrocher dans cette région, certes maritime, mais sèche, battue par la Tramontane ou le Marin. Mais quand on a la vigne dans les gènes, comme Marion… Les cuvées lui ressemblent, dynamiques, mais avec un accent de tradition, au caractère fort sans oublier la générosité. Cette année encore, Marion s’est laissée aller à la joie que peut apporter le Carignan, comme cette cuve de 2016 encore en gestation, mais qui promet fruits, épices et un réel plaisir de dégustation. Le vignoble compte 15 ha avec son mas du 19es bien planté en son milieu.
www.lesfenals.fr
www.vinsclaudio.com

Domaine Lerys

Quel changement depuis qu’Alban a repris, en 2012, le domaine familial. Non que les vins ne fussent à la hauteur, mais ils conservaient cette rudesse des Fitou d’antan. L’arrivée du fils les a dépoussiérés pour nous offrir des cuvées au goût du jour, qui parlent de fruit, qui s’enveloppent de tanins soyeux, qui aiment la fraîcheur et la gourmandise. Son terrain de jeux, 42 ha de Fitou en coteaux et mamelons schisteux qui s’étagent de 130 à 200 m d’altitude. Les vignes y poussent en gobelet, c’est plus facile à travailler. « Le sol est drainant, vite sec, mais les schistes sont très faillés et permettent aux racines d’explorer la roche. Les Syrah n’y sont pas trop à leur place, mais les Carignan s’y portent comme un charme » explique Alban. Un domaine en pleine progression.
www.domainelerys.com

 

Hervé Lalau et Marc Vanhellemont

Dossiers IVV, cliquer ici

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