Diversité des origines en GD belge: peut mieux faire

22/01/2018 - Souvent citée en exemple pour l’ouverture de son marché du vin, la Belgique n’est pourtant pas exempte de reproche en termes de diversité de l’offre, surtout en GD. La preuve par l’exemple… grec.

Souvent citée en exemple pour l’ouverture de son marché du vin, la Belgique n’est pourtant pas exempte de reproche en termes de diversité de l’offre, surtout en GD. La preuve par l’exemple… grec.

Sur l’excellent site Vinquébec, notre confrère Marc-André Gagnon dresse la liste des vins grecs vendus dans les magasins des deux monopoles respectifs du Québec et de l’Ontario – incidemment, il observe que les écarts de prix sont presque toujours en faveur de l’Ontario.

Vins disponibles à la fois à la SAQ et à la LCBO (prix en dollars canadiens)
 SAQ  LCBO
Cavino Ionos 10,50  9,95
Rapsani Tsantali 11,80 13,05
Boutari Nemea 14,55 13,20
Paranga Kir-Yianni 14,50 14,50
Boutari Moschofilero 15,40 13,20
Tetramythos Roditis 15,40 13,95
Spiropoulos Mantinia 17,25 16,15
Boutari Naoussa 16,45 13,95
Thimiopoulos JV Naoussa 17,95 17,65
Rapsani Tsantali Reserve 18,55 20,95
Mercouri Rouge 19,35 22,30
Tselepos Driopi 20,95 21,25
Gaia Agiorgitiko 21,55 24,30
Sigalas Assyrtiko Athiri 23,15 21,95
Gerovassiliou Malagousia 25,05 23,95
Ch Porto Carras 2006 25,15 21,95
Mega Spileo 28,85 27,95

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Un dollar canadien = 0,67 euros.
L’échelle des prix en euros des vins grecs proposés dans les deux monopoles va donc de 7 à 19 euros.

Un manque d’audace ?

 

Mais ce qui nous a intéressé au premier chef, dans ce tableau, c’est le nombre de vins disponibles dans ces deux provinces canadiennes; car il ne liste que les vins communs aux deux monopoles, et non la totalité des deux assortiments de vins grecs: à lui seul, le monopole québécois en propose pas moins de 55! C’est près de 10 fois plus que n’importe quelle enseigne belge, et même plus que toutes les grandes enseignes réunies.
Philosophiquement, IVV n’est pas particulièrement pas favorable aux monopoles, canadiens ou autres; mais nous devons constater qu’ils font un assez bon travail en termes de représentativité de l’offre. Ou bien seraient-ce nos enseignes dites « libres » qui manquent d’audace?

Yaourt… même pas grec

La Grèce est un grand et vieux pays viticole qui propose de nombreux produits originaux et de bon rapport prix-qualité; son offre gastronomique est également intéressante; la restauration grecque est assez bien implantée en Belgique, et les Belges sont relativement nombreux à visiter la Grèce en été (plus que les Québécois, en tout cas). Tout semble donc plaider pour une présence accrue des vins grecs dans la distribution belge. Il suffirait d’un peu de promotion. D’un peu d’efforts.
Il semble beaucoup plus facile à la GD belge de fourguer des « yaourts à la grecque » Made in Spain que des vins de terroir grecs.
Attention, nous n’avons aucun intérêt dans l’affaire. Mais au nom de la diversité, dont on nous rebat si souvent les oreilles dans d’autres domaines, notamment politique, on aimerait bien pouvoir trouver près de chez nous, au cœur de cette Europe à laquelle la Grèce a tant apporté, les vins que les Québécois, au-delà des mers, peuvent acheter.

Le poids des marques

Et la Grèce n’est qu’un exemple. On pourrait également parler des vins autrichiens, des vins hongrois, des vins suisses – autant d’origines européennes dont la présence est réduite à la portion congrue : il est beaucoup plus facile, aujourd’hui, dans un supermarché belge, d’acheter chilien, argentin, sud-africain, californien ou australien.
Il est vrai que de ces pays du Nouveau Monde, notre grande distribution importe surtout des vins d’entrée de gamme et de marques puissantes, qui ont les moyens d’investir massivement dans les référencements, la promotion, de faire des «deals».
Ce serait donc moins une question d’audace que de gros sous ?

Hervé Lalau

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