D’Elian Da Ros à Sandrine Farrugia

11/01/2019 - Non, il n’y a à mon sens rien de particulièrement «macho» à associer dans ce titre le nom d’une vigneronne à celui de son compagnon. Cela reflète tout simplement la réalité du parcours de Sandrine Farrugia.

Au départ, la jeune femme travaillait pour un exportateur de vin basé à Paris vendant des vins biologiques et naturels au Japon. Ce faisant, elle a – oui, vous l’avez deviné – rencontré  en 2007, Elian Da Ros, vigneron déjà connu en Côtes-du-Marmandais. D’une chose découle l’autre et la voilà donc après 2 ans installée à Cocumont dans le sud-ouest de la France.  Elle fait ses premières armes dans la culture de la vigne et la vinification aux côtés de son compagnon. Ce n’est en effet pas le boulot qui manque pour travailler les 19 ha du domaine d’Elian. Elle prend goût à ce métier exigeant et lorsqu’en 2012, un vigneron local leur offre 0,52 hectares de blanc dont les vignes ne sont pas bio et ne conviennent pas pour la cuvée Coucou Blanc d’Elian, ce dernier l’encourage à les prendre. Elle signe le bail puis, peu après, elle achète 2 hectares de rouge.  L’aventure est lancée et Sandrine s’avère en peu de temps être faite pour le métier. Elle convertit son vignoble en agriculture biologique et sort ses premiers vins en 2014, se fondant sur tout ce qu’elle a appris en quelques années. Cela dit, les vins résultent de ses choix à elle, ils sont le reflet de sa personnalité et du terroir des Côtes-du-Marmandais où elle travaille actuellement 4 ha en biodynamie. Elle vend 1,5 ha de raisins à Elian et produit pour sa part trois cuvées : un blanc et deux rouges. Le blanc n’a pas pu être dégusté cette fois.

Les cuvées en rouge

La Vague 2016  AOP Côtes du Marmandais

Troisième millésime pour cette cuvée assemblant abouriou, merlot et cabernet franc à raison d’1/3 chacun, issus de vignes de trente ans. Si le premier est vinifié en grappes entières, merlot et cabernet sont par contre égrappés. Sandrine recherche ici essentiellement le fruit et pratique donc un pressurage délicat. Au nez, fruits rouges légèrement épices; en bouche, fraîcheur, fruit et jus pour une discrète structure tannique encore un rien pointue.

La Vague 2015 AOP Côtes du Marmandais

La même cuvée dans un millésime plus chaud donne un vin plus tendre dès l’attaque, du fruit et des tanins plus ronds. La magnifique fraîcheur et une structure discrète lui confère une grande buvabilité.

Epiphyte AOP Côtes Marmandais 2015.

On trouve ici un vin nettement plus structuré, plus ambitieux en termes de complexité et de garde. Il assemble 2/3 de cabernet franc pour 1/3 de merlot de vignes plantées sur des pentes au sol de mollasses argilo-calcaires. L’extraction reste mesurée. Des fruits rouges et noirs au nez, des épices, une très légère pointe de torréfaction avant une bouche de très bonne fraîcheur pour le millésime, avec de l’acidité, du jus, des fruits, du poivre et une trame de tanins encore serrés mais juteux.

Epiphyte Côtes Marmandais 2014

Un nez de fruits noirs, poudre de cacao, épices et note racinaire, bref une belle complexité. La bouche est autre qu’en 2015 avec un petit amer tannique jusqu’en finale. Mais en même temps il y a suffisamment de finesse pour compenser la finale encore plutôt serrée. Une petite réduction disparaît à l’aération.

sandrine.farrugia@gmail.com
www.cavedesoblats.com

Bernard Arnould

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