Coteaux-du-Giennois, l’étoile montante du Centre Loire

06/03/2019 - Née en 1998, l’AOC Coteaux du Giennois est la plus jeune des appellations du Centre Loire. Et pas la moins dynamique. Bon nombre de producteurs de Sancerre ou de Pouilly y ont d’ailleurs acheté des terres ou s’y fournissent en raisins. IVV fait le point.

Les Coteaux-du-Giennois viennent à peine de fêter leurs 20 ans. Pourtant, le vignoble est beaucoup plus ancien, puisqu’on en trouve des traces dès le… VIème siècle après JC. Plus tard, à partir du 12ème siècle, il se développe grâce aux moines cisterciens et bénédictins, ainsi qu’aux Templiers ; et ses vins sont appréciés d’Orléans à Paris, jusqu’à la Cour du Roi Philippe Auguste.
Comme beaucoup d’autres vignobles du nord de la France, son extension régresse fortement à la fin du XIXème siècle, concurrencé qu’il est par les vins du Midi que le train achemine à présent facilement sur le marché parisien, son principal débouché.
Aujourd’hui, l’aire d’appellation s’étend des deux côtés de la Loire, depuis Gien, au Nord, jusqu’à Briare, au Sud, dans le prolongement du vignoble de Pouilly. Et donc, sur quatorze communes, deux départements et deux régions: le Loiret (région Centre-Val de Loire) et la Nièvre (région Bourgogne-Franche Comté).

Trois îlots de vignes

Mais ce qui, sur les cartes, semble constituer un arc de cercle de près de 50 km n’est en fait qu’un petit archipel de trois îlots de vignes: Cosne au sud, Bonny au centre et Gien-Briare au nord. Pour un total de quelque 200 hectares (à titre de comparaison, Sancerre en compte pas loin de 3000, Pouilly 1300). Ici, pas de Monts Damnés ni autres coteaux spectaculaires, mais un gentil paysage plutôt ouvert, avec, dès que l’on monte un peu, la Loire en point de mire.
Côté météo, nous avons affaire à un climat tempéré, aux influences plus continentales qu’en Touraine, par exemple. Avec, périodiquement, des épisodes de gel de printemps qui font peser une lourde menace sur les vignes, notamment dans les fonds, et plus particulièrement sur les cépages rouges, plus tardifs.
Côté sols, on retrouve ici côte à côte ceux qui font les terroirs du Sancerre ou du Pouilly (voire de Chablis, pour partie): le silex (inutile de vous dire que le sauvignon s’y trouve bien), le calcaire et la marne.
L’appellation regroupe une quarantaine de producteurs, pour une production de l’ordre de 7.700 hl, dont 22% sont exportés.
Son encépagement est assez simple : le sauvignon, pour les blancs, et le pinot noir et le gamay pour les rouges. L’appellation produit des vins des trois couleurs ; l’assemblage de deux cépages est obligatoire pour les rouges et pour les rosés.

Notre sélection

Début septembre, nous avons pu déguster 25 échantillons de cette appellation, sur base d’un appel à échantillon du Bureau Interprofessionnel des Vins du Centre, que nous remercions au passage. Voici notre sélection.

Coteaux du Giennois blanc

A titre d’exemple:

Domaine de Villargeau Les Genêts Gris 2017
Derrière un joli nez d’agrumes, de pêche et de poire se profile un vin solide; la bouche allie gras et acidité, le fumé du silex (à moins que ce ne soit celui du cépage!) et même, en finale, une note saline. A la fois franc et délicat. Du même domaine, mais dans un autre style, nous conseillons également autre cuvée, dégustée au domaine, celle-ci: La Belle Paresseuse 2015, histoire de prouver à nouveau que les bons sauvignons gagnent à attendre.
www.ambrosius.bewww.lavolnaysienne.be

Coteaux du Giennois Rouge

A titre d’exemple:

Florian Roblin Champ Gibault 2017
Cet assemblage de 80% de Pinot et de 20% gamay nous offre un vin gourmand et sérieux à la fois, le gamay apportant son côté acidulé.
J’ai adoré son côté primesautier, guilleret, son fruit suret, sa dynamique.

Un coup de chapeau également à deux rouges du millésime 2015, la cuvée Les Licotes 2015 du Domaine de Villargeau et la cuvée L’Inédit 2015 des Vignobles Berthier** (déjà apprécié par notre jury il y a quelques semaines).

Une appellation à suivre…

En résumé: une appellation à découvrir, surtout en blanc (nous avons retenu plus de la moitié des échantillons proposés dans cette couleur !).
D’autant que ses prix restent très sages.
De plus, une saine émulation se met en place, des styles apparaissent, des crus sont mis en évidence, on devrait reparler des Coteaux du Giennois sous peu, pour elle-même, et pas seulement comme la petite sœur des autres…

Hervé Lalau (avec Marc Vanhellemont)

Crédits BIVC PierreMérat

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Un commentaire

  • Michel GARNIER says:

    TRES AMATEUR de ces CRUS Pas encore beaucoup distribués

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