Col fondo, per favore !

11/04/2018 - Savez-vous ce qu’est le Col Fondo ? Aucun rapport avec la confection ni avec les Alpes du Sud, le Col Fondo est un type de vin. Et plus précisément, un type de Prosecco.

Ce n’est pas celui dont on parle le plus. Mais ce n’est pas le plus répandu non plus. Il représente à peine une bouteille de Prosecco sur 1000 – soit environ 300.000 bouteilles.
Sa particularité ? Alors que le plus gros de ma production est obtenu par la méthode Martinotti/Charmat, alias cuve close, lui refermente en bouteille. Attention, ce n’est pas une méthode champenoise ! Ici, pas de dégorgement, et donc pas de liqueur d’expédition.
Par contre, il y a un dépôt – il fondo. Col fondo veut tout simplement dire « avec le fond, avec dépôt (de levures)».

Comme c’est troublant !

Plus trouble et plus sec, le Col Fondo (alias Rifermentato in bottiglia, selon la terminologie officielle) est aussi moins fort en effervescence – il se rapproche plus d’un frizzante.

Côté goût, il se distingue aussi généralement par son amertume – les amateurs de bière penseront à une bonne blanche. Les amateurs de cidre, eux, évoqueront peut-être un brut de la Cornouaille bretonne.
Outre cette belle amertume, l’oenophile, lui, appréciera le volume, la texture riche, presque solide du Col Fondo. Le côté «sur lies».

D’après ses partisans, ce style de vin est celui que l’on trouvait à l’origine dans la région, avant l’invention et la généralisation de la méthode cuve close, à la fois plus pratique et moins risquée, donc plus rentable.
On peut le servir de plusieurs manières : soit décanté, soit après avoir légèrement agité la bouteille avant de servir, pour que les levures se mélangent au vin (on pense alors à un non-filtré de Neuchâtel, cette spécialité suisse qui rencontre chaque année plus de succès).

Deux beaux exemples : Zanotto et Casa Belfi

Malgré la concurrence des grandes marques de Prosecco, certains producteurs ont réussi à convaincre des importateurs étrangers ; c’est le cas de Zanotto et de Casa Belfi, notamment, qui présentent aussi une grande régularité dans la qualité.

Zanotto

Zanotto, c’est d’abord l’histoire d’un homme, Riccardo Zanotto, qui selon ses dires «a sa propre idée de ce que devrait être un Prosecco». Comprenez – pas forcément ce que l’on trouve dans les bouteilles bradées en grandes surfaces. Ici, pas de prêt à boire, mais du sur mesure. Riccardo n’est pas récoltant, mais négociant-éleveur (à Montebelluna, près de Trévise). Il élabore aussi des vins tranquilles et du Prosecco Brut, mais son Col Fondo est sans doute ce qui est le plus proche de sa recherche d’authenticité, de retour aux racines et à une certaine simplicité dans la convivialité – et à en juger par son 2015, joyeux mais non dénué de charpente, c’est réussi. Prix moyen observé : 12 euros.
http://zanottocolfondo.com
http://atasteaffair.comwww.glandorfenthijs.nl  – www.tannico.fr

Casa Belfi

Maurizio Dodani est un jeune œnologue trévisan qui s’est constitué un domaine à San Paolo del Piave. Ses vignes de Gléra sont conduites en biodynamie. Le vin est élevé 6 mois sur lies en cuves inox. Très sec (moins d’un gramme de sucre), agréablement citronné, il est aussi assez léger en alcool (10,5°).
Belfi propose également un Frizzante Colofondo élevé en contenants de terre cuite, la cuvée Anfora.
Prix moyen au consommateur : 11 euros (15 euros pour la cuvée Anfora).
http://casabelfi.blogspot.be
www.phivino.be –  www.vininaturali.ch

Hervé Lalau

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