Boli-vinos

08/03/2017 - La Bolivie n’est sûrement pas le premier pays auquel on pense quand on parle de vin.
Le voici pourtant dans l’actualité…

Avec son relief accidenté – deux cordillères andines, un haut plateau central, son territoire fait la part belle aux déserts et aux jungles tropicales.
Et pourtant, la vigne a conquis quelques espaces propices, notamment en altitude – au point que le pays revendique les vignobles les plus hauts du monde, à plus de 3000m.

Si le pays compte officiellement 3 régions de production ou «valles» (Tarija, Santa Cruz et Cinti), le plus gros du vignoble bolivien est situé dans la Vallée Centrale de Tarija, près de la frontière argentine (là où se trouvent également les gros gisements de gaz du pays). L’organisation en vallées rappelle celle du Chili voisin, mais le mot ne doit pas faire illusion : les vignobles les plus bas de la vallée sont à 1650 m !
Par ailleurs, ce concept ne correspond pas vraiment à la notion européenne d’AOP : ainsi, à Tarija, les 25 caves de productions de la « vallée » sont dispersées entre 4 provinces.

3.000 ha de vignes, mais pas toutes pour le vin

La Bolivie partage avec ses voisins l’héritage espagnol (y compris l’implantation de variétés ibériques à Tarija par les Jésuites, dès le 16ème siècle) ; mais la mise en place d’un vignoble a finalité commerciale y est beaucoup plus tardive (1925). Et encore la finalité principale des premières caves était-elle la distillation – la Bolivie produit un marc de raisins localement très populaire, le Singani, assez semblable au Pisco péruvien ou chilien.

Quelques producteurs de vin arrivent quand même à tirer leur épingle du jeu, comme Campos de Solana (la plus grosse cave à vin du pays), Kohlberg (dont l’Ugni d’altitude, à ce qu’il paraît, évoque le Puligny !), Bodega de La Villa et Casa Grande.
Malgré tout, la superficie totale du vignoble ne dépasse pas 3.000 ha.

Importations suspendues

Pourquoi parler aujourd’hui de cette vaillante viticulture, qui tente tant bien que mal de résister à un niveau d’UV exceptionnellement élevé (qui endommage la peau des raisins), au froid de l’altitude et à la sécheresse de l’été, sans parler de l’enclavement d’un pays privé de débouché maritime, ou encore d’une consommation locale plutôt basique? C’est que son exécutif vient de prendre des mesures draconiennes à son égard.
Malgré la petite taille du secteur viticole, en effet, le gouvernement bolivien l’a jugé assez important pour interdire l’importation de tout raisin ou vin étranger pendant toute la période des vendanges. Car au grand dam du Président Evo Morales, ancien représentant syndical des producteurs… de coca, au pouvoir depuis 2006, bon nombre de caves boliviennes ont pris l’habitude d’utiliser des moûts en provenance des grands voisins plus productifs. A qui peut-on se fier, si même dans un pays chaviste, l’appât du gain l’emporte sur la conscience nationale de gauche?
Voilà en tout cas une alternative pour les ombrageux viticulteurs du Midi de la France qui vident les citernes de vin espagnols sur la chaussée, sans que le flot d’importations ne semble se tarir: s’installer en Bolivie.

Hervé Lalau

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