Anjou noir – Episode 3 : trois domaines, trois expressions de chenins

01/07/2019 - Avec ce troisième domaine de notre trilogie Anjou noir, nous partons à la découverte de Charlotte et Thomas Carsin. Ancien consultant en Champagne et en Provence, ce dernier avait auparavant suivi une formation en biologie marine. Rien d’étonnant, dès lors, à ce que le couple évoque ses 25 ha autour de Saint-Aubin de Luigné en termes de navigation et de croisière.

Episode 3 :  Clos de l’Elu

Lien épisode 1 Thibaud Boudignon
Lien épisode 2 Domaine de la Bergerie

Déguster les vins du Clos de l’Elu revient à pénétrer dans un monde différent de celui des deux domaines présentés dans les deux épisodes précédents. Moins par rapport aux sol et sous-sol, le socle schisteux reste en effet omniprésent, que par rapport à la philosophie de travail des vignerons. J’avais dégusté pour la première fois les vins du couple quelques années après leur début lors d’une dégustation à Bruxelles. J’en avais apprécié, la précision, la pureté. Je suis sorti dès lors sorti de ma visite de début avril dernier quelque peu interpellé par l’une ou l’autre cuvée tel un sauvignon plus qu’inusité ou un rouge à la jolie volatile. C’est que les Carsins ont en effet vogué vers d’autres eaux, celles « des vinifications naturelles et créatives » pour reprendre leur propre expression.  Au point d’ailleurs de décider de sortir toutes leurs cuvées en Vin de France à partir du millésime 2018, échappant ainsi aux contraintes liées aux AOP pour gagner un niveau supérieur de liberté d’expression.

Le travail à la vigne et en cave

Ils ont donc très logiquement opté pour la viticulture biologique. A la vigne, les sols acides reçoivent peu de matière organique pour éviter l’excès de vigueur, l’enherbement hivernal naturel permet d’entretenir leur structure et de les protéger de l’érosion. Au printemps, ils sont travaillés presque intégralement de façon à enfouir l’enherbement et limiter la pression exercée par la flore spontanée sur la vigne. L’objectif du travail est de vendanger des raisins mûrs et sains. En cave, pas de trituration, pas de foulage, pas de chimie.  Un « pied de cuve » par parcelle permet de faire travailler les levures de chaque fermentation avec l’objectif de respecter les terroirs. Les rouges sont à 90% issus de macération/infusions en grappes entières. La durée et le suivi varient suivant les parcelles, les cépages, les années. Les blancs fermentent sans précipitation en cuve ou en barriques. Les élevages sont au minimum de 8 mois et les vins ne sont que rarement filtrés.

Les chenins de schiste gréseux

Comme pour les deux domaines précédents, je limite mes commentaires de dégustation au seul chenin.

Bastingage 2017 AOP Anjou blanc

Trois terroirs, les Barres et Chaume- sur schistes gréseux et schistes friables ont été vinifiés à part puis assemblés : l’Aiglerie apporte la générosité du fruit grâce à son exposition sud-est, les Barres favorisent un agréable amer et Chaume avec ses affleurements de schiste conséquents donne un surplus de tension. Elevage en barriques patinées pendant 15 mois. Fermentation malolactique complète. La bouche est structurée autour de la suavité de raisins bien mûrs, du gras, de quelques tanins et de la tension minérale.

Ephata 2016   AOP Anjou blanc :

Cette cuvée de vieilles vignes septuagénaires a bénéficié d’une vinification en amphores de grés (10hl) pendant 1 ans puis d’un élevage d’1 ans en jarres de terre cuite de 140 l. Fermentation malolactique complète. Arômes de fruits exotiques au nez, une bouche à l’attaque soyeuse avant de s’étirer grâce à une tension sous-jacente, de la densité et de la profondeur mais un dessin plus diffus que dans les domaines des épisodes 1 et 2.

www.closdelelu.com
www.closdelelu.comhttp://troca-vn.be www.vivelevin.be

Bernard Arnould

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