A la redécouverte des vieux cépages provençaux… et des autres

13/05/2019 - Je suis toujours surpris, à la lecture de vieux livres sur la viticulture en France, par l’incroyable richesse ampélographique que ce pays possédait avant le phylloxéra.

Barbaroux

Richesse en partie perdue pour la simple raison qu’après ce fléau, les vignerons ont logiquement préféré replanter des cépages de bon rendement, écartant par là-même des variétés sans doute qualitatives, mais peu productives, ou trop délicates (notamment trop sujettes à l’oïdium ou au mildiou).

Un exemple: le vignoble de Provence. Selon la liste dressée par l’incontournable Victor Rendu dans les années 1850, la région comptait au moins 11 cépages rouges et 8 cépages blancs à large implantation.

Parmi ceux-ci, seuls 6 cépages rouges subsistent (dont certains, à l’état de traces).
A savoir, en rouge, le Grenache, le Mourvèdre, le Tibouren, et à titre quasi anecdotique, le Barbaroux, le Téoulier ou Manosquin (encore autorisé en IGP du Var et dans les AOC Palette et Perrevert), le Brun Fourca (ou Moulan) et le Pascal Noir.

En blanc, nous restent la Clairette, le Pascal Blanc (cépage accessoire de Cassis), l’Ugni et le Colombaud, alias Bouteillan (2 ha à Palette) sans oublier l’Araignan, alias Picardan.
Pour être complet, précisions qu’on ne trouve pas mention du Rolle ou Vermentino dans l’ouvrage.
Soit il est arrivé après (d’Italie), soit il avait un autre nom.

Manosquin

Ont quasiment disparu, en rouge, le Catalan, l’Aramon, le Pécoui-Touar et le Téoulier ; en blanc, le Mayorquin (4 ha recensés en 1988), la Panse et les Muscats (Cassis était pourtant réputé pour son Muscat).

Les mêmes archives insistent sur les qualités de certains des cépages totalement ou virtuellement abandonnés, notamment le Téoulier, le Pascal Noir et le Pécoui-Touar, lorsqu’ils sont plantés en coteaux, et à rendement limité.

Il n’est que temps de s’intéresser à nouveau à cet héritage; au nom de la diversité, mais pas seulement: certains de ces cépages oubliés présentent une bonne résistance à la sécheresse ou à certaines maladies.

 

 

Hervé Lalau

Pour accéder aux autres Editos, cliquer ici

Un commentaire

  • Pull Marie says:

    Hervé
    J ai des infos sur le projet de crus sur l aop Pouilly Fuise
    Au plaisir d un nouveau contact depuis Grenaches du Monde

Répondre à Pull Marie Annuler la réponse