26 sur Vin, un restaurant qui aime le vin

08/03/2019 - En léger différé de Chavannes-de-Bogis (Vaud, Suisse).

A Chavannes de Bogis, entre Genève et Nyon, mais à un jet de pierre de la frontière française, l’hôtel Best Western draine une clientèle d’hommes et de femmes d’affaires venus du monde entier, en plus d’habitués suisses ou français. Ce grand complexe peut accueillir des séminaires et ses vastes salles et terrasses (avec vue sur le Lac Léman) offrent une restauration de qualité – sans oublier le vin, bien sûr.

« 26 sur Vin »


Car son directeur, Christoph Zen Ruffinen, est un passionné de vin doublé d’un excellent marketteur. C’est pourquoi il a choisi de mettre en avant la boisson de Bacchus – les murs de la réception qui mènent aux restaurant donnent déjà le ton, on y trouve une carte géante des vignobles suisses.
Car pour titiller – et on l’espère, séduire – ses clients étrangers, l’hôtel met l’accent sur les vins du pays, au travers de vignerons connus, de vins d’auteurs. Le nom du restaurant est déjà une invitation au voyage, puisqu’il s’appelle 26 sur Vin, en référence aux 26 cantons de la Confédération.

Et pour animer le tout, la carte tourne régulièrement : chaque quinzaine, une carte spéciale est éditée, qui présente les vins d’une région en particulier –j’y suis passé à deux reprises, et j’ai ainsi pu apprécier la sélection de vins de la région des Trois Lacs, puis celle des Grisons, et leurs étonnants pinots noirs (entre autres).
Le système fonctionne, car il suscite la curiosité, et comme les vins sont choisis avec soin, en collaboration avec Swiss Wine.

L’autre originalité, c’est que Chavannes se trouve en zone viticole, tout près de Founex (Vaud) et pas très loin du vignoble genevois. Ce qui n’empêche pas l’hôtel de sortir du local, donc -on est toujours le local de quelqu’un, un vin suisse peut sembler local pour un client étranger, mais s’il vient d’un autre canton, c’est déjà presque un étranger pour les habitants du lieu.

Mais le Best Western n’en a cure, et gageons que même les vignerons de la région sont heureux, de temps à autre de pouvoir y découvrir des vins d’autres terroirs de Suisse.

Du Bordeaux à tous les repas

Association d’idées, je repense à cette réaction d’un élu bordelais qui s’offusquait de ce que l’on serve autre chose que du Bordeaux dans les hôtels de la ville.
Mais a-t-il pensé à tous les Chinois, tous les Russes et tous les Japonais, qui, passant 2 jours à Bordeaux pour un séminaire, pour une transaction, ou en voyage organisé du type «L’Europe en deux semaines», auraient envie de se faire une idée d’autres vins, d’autres cépages, d’autres coutumes que celles de Bordeaux – et de même, seraient-ils condamnés à ne manger que de la lamproie au Côtes-de-Bourg, de l’agneau de Pauillac, du bœuf de Bazas et des cannelés à tous les repas ? Même les Bordelais pur jus ne s’imposent pas un tel régime ! Pas plus que les Normands ne se nourrissent que de crêpes arrosées de Calvados ou les Bretons de homard au chouchenn.

Bref, comme client, je trouverais tout à fait délectable qu’un restaurant de Beaune me fasse découvrir, au moyen d’une carte qui change régulièrement, non seulement les différentes appellations de la Côte-de-Beaune, mais aussi celles des autres zones de la Bourgogne, et d’autres régions de France, pour autant que les vins soient bien choisis. Idem pour les restaurants de la Loire, de l’Alsace, du Sud-Ouest, du Languedoc, de Toscane, de la Rioja ou du Douro.
Ce serait aussi là, pour les habitués, une façon de renouveler le plaisir. Alors, bravo M. Zen Ruffinen !

www.hotel-chavannes.chwww.facebook.com/26survin.ch

Hervé Lalau

Laisser un commentaire